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cette première partie des Mystères de Paris, forment des con-
trastes heureux avec les mauvaises passions et les honteux
débordements des autres acteurs.
   En présentant au public ces affligeants tableaux, Eugène Sue
semble avoir eu pour but d'élever son œuvre à la hauteur
d'une étude dramatique d'économie politique et de morale.
Il a placé, en effet, en opposition avec le vice et le crime s'a-
gitant dans leur fange et souillant la société par leurs mé-
faits, un pouvoir intelligent dont tous les efforts tendent à
guérir quelques-unes des plaies sociales. Il a mis en action,
dans son drame, des théories nouvelles, dont l'application lui
paraît capable de ramener à la vertu ceux dont le cœur n'est
pas complètement gangrené, ou de forcer à l'expiation et au
repentir ceux qui restent insensibles et rebelles aux exhorta-
tions d'une bienveillance éclairée.
   Il serait assez difficile d'exposer l'analyse de l'action mise
en scène dans l'ouvrage d'Eugène Sue. Les parties publiées
présentent à peine l'exposition de l'œuvre, et cependant elles
forment un tout assez complet pour intéresser et pour occu-
per l'esprit. Nous nous bornerons à donner seulement quel-
ques indications sommaires sur le drame développé dans
les Mystères de Paris.

  Le prince souverain d'un petit état de la Confédération
germanique est incognito à Paris. Il veut découvrir un secret
qui parait l'intéresser au plus haut point ; pour parvenir à
ce but, il a besoin de parler à un de ces êtres impurs qui vi-
vent dans l'atmosphère du vice et du crime. Afin d'arriver à
cet homme, Rodolphe, tel est le nom que se fait donner le
prince, s'est déguisé en ouvrier ; puis, accompagné d'un ami
dévoué, il s'est engagé dans les sombres quartiers qui, d'ordi-
naire, servent d'asile à la lie de la population parisienne.
  Rodolphe parle l'argot, celte langue immonde des voleurs
et des assassins. Il excelle dans l'art ignoble du croc en
jambe et du coup de poing. Mais il a le cœur haut placé,