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Tel qu'un ardent limier qui suit, à perdre haleine,
A travers les rochers, les torrents et les bois,
Sous l'ombre du vallon, sous les feux de la plaine,
     La trace d'un cerf aux abois ;



Etouffant sous tes pieds la justice endormie,
Par des sentiers obscurs, par d'obliques chemins,
Tu poursuis, à travers l'opprobre et l'infamie,
     Cet or vil qui souille tes mains.



L'oiseau, pour te charmer, chante sur ton passage ;
L'arbre étend sur ton front son rideau murmurant ;
L'onde, à tes pieds, se plaint au gazon du rivage ;
     Mais tu passes indifférent.



Glaneur infatigable aux champs delà fortune,
Dans ton aveugle ardeur tu n'entends même pas
Le murmure incessant de la foule importune
    Qui tourbillonne sur tes pas.



Eh ! que te sert cet or? comme une douce pluie,
Le voit-on de ta main retomber en bienfaits?
Où sont les maux qu'il calme, et les pleurs qu'il essuie ?
     Où sont les heureux qu'il a faits ?



A-t-il, dans son grenier, soulagé la souffrance ?
A-t-il, réjouissant la veuve et l'orphelin,
Fait descendre en secret le pain de l'espérance
      Sous le toit qu'habitait la faim ?