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 la Renaissance. Les dentelles ont leur noblesse comme celle
 des familles; elles s'estiment par siècles; ce sont là leurs quar-
 tiers.
    D'ici vous pouvez voir un prie-dieu sculpté sur toutes ses
 faces et auquel sont suspendues de vraies castagnettes de Gre-
 nade, ma bonne lame de Tolède et un poignard allemand.
 Au-dessus, on admire ma belle aquarelle des Maîstres chan-
 teurs, et celles de Bellangé, deViard, etc., un dessin à la mine
 de plomb de Boissicu et quelques-unes de ses meilleures gra-
 vures; un petit tableau de Yéry, des sépia de Guindrand, de
 mon frère, deux magnifiques dessins au lavis de Wille; des
 gravures de Dclla Bella, de Callot, d'IIowell servent d'escorte
 à une bonne épreuve du portrait du duc d'Harcourt gravé
 par Masson, et à celui du marquis de Moncade par Morghen.
 A tout cela, sont mêlées des corbeilles caraïbes, des tissus de
 Pile, des pantoufles chinoises, des lilhophyles, etc.; voici un
 des sabres romains exécutés sur le dessin de David pour la fête
 du Champ de Mars; un Damas à fourreau de velours, l'hor-
 rible arme dcsTchaoux, et celle-ci bien plus horrible encore,
 à lame courte, large, emboîtant le poignet, c'est une arme
 semblable qui donna la mort à Typpao Saèb. Puisque nous
voilà dans mon arsenal, vite un mot d'une hallebarde de la
 garde écossaise sous Louis XV, qui ne se composait déjà plus
 que de Français. Entre elle et un arc gigantesque de la P o -
lynésie est un tableau chinois, en relief, représentant un
théâtre sur lequel s'exécute un drame religieux ou moral, car
la poétique chinoise veut que toute oeuvre théâtrale ait un but
utile; une pièce de théâtre sans moralité n'est aux yeux des
Chinois qu'une œuvre ridicule ; ce désir de donner au théâtre
une influence salutaire est démontré par la création d'un per-
sonnage qui est chargé, comme dans le chœur des tragédies
grecques, d'exprimer les intentions despoctes et les leçons qu'il
faut tirer de leurs œuvres; il interroge de temps à autre lelan-