page suivante »
408 la Renaissance. Les dentelles ont leur noblesse comme celle des familles; elles s'estiment par siècles; ce sont là leurs quar- tiers. D'ici vous pouvez voir un prie-dieu sculpté sur toutes ses faces et auquel sont suspendues de vraies castagnettes de Gre- nade, ma bonne lame de Tolède et un poignard allemand. Au-dessus, on admire ma belle aquarelle des Maîstres chan- teurs, et celles de Bellangé, deViard, etc., un dessin à la mine de plomb de Boissicu et quelques-unes de ses meilleures gra- vures; un petit tableau de Yéry, des sépia de Guindrand, de mon frère, deux magnifiques dessins au lavis de Wille; des gravures de Dclla Bella, de Callot, d'IIowell servent d'escorte à une bonne épreuve du portrait du duc d'Harcourt gravé par Masson, et à celui du marquis de Moncade par Morghen. A tout cela, sont mêlées des corbeilles caraïbes, des tissus de Pile, des pantoufles chinoises, des lilhophyles, etc.; voici un des sabres romains exécutés sur le dessin de David pour la fête du Champ de Mars; un Damas à fourreau de velours, l'hor- rible arme dcsTchaoux, et celle-ci bien plus horrible encore, à lame courte, large, emboîtant le poignet, c'est une arme semblable qui donna la mort à Typpao Saèb. Puisque nous voilà dans mon arsenal, vite un mot d'une hallebarde de la garde écossaise sous Louis XV, qui ne se composait déjà plus que de Français. Entre elle et un arc gigantesque de la P o - lynésie est un tableau chinois, en relief, représentant un théâtre sur lequel s'exécute un drame religieux ou moral, car la poétique chinoise veut que toute oeuvre théâtrale ait un but utile; une pièce de théâtre sans moralité n'est aux yeux des Chinois qu'une œuvre ridicule ; ce désir de donner au théâtre une influence salutaire est démontré par la création d'un per- sonnage qui est chargé, comme dans le chœur des tragédies grecques, d'exprimer les intentions despoctes et les leçons qu'il faut tirer de leurs œuvres; il interroge de temps à autre lelan-