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  à l'occident, ne reproduisent, pour ainsi dire, l'idiome sans-
  crit, que dans les racines fondamentales, dépouillées de leurs
  terminaisons et modifiées par une prononciation étrangère, qui
  change les consonnes fortes en aspirées, les faibles en fortes
  ou en nasales. Chez les Germains, mêmes altérations, mais
  dans une extension moins grande, et avec des terminaisons
  plus sonores. Chez les Slaves, maintien des consonnes indien-
  nes et simple déperdition des voyelles. Chez les Thraces, Grecs
  ou Romains, détachés les derniers du centre de lumière,
 consonnes et voyelles parfaitement conservées, souvent même
 étendues et précisées, ainsi qu'on l'observe surtout par les
 voyelles médiales (a, e,o, brefs), qui, dans le sanscrit, sont con-
 fondues en a. Nous assistons ainsi à la croissance et au déve-
 loppement progressif de cet arbre séculaire qui a couvert de ses
 rejetons près du tiers de la terre, sans rien perdre de sa vi-
 gueur native, sans laisser choir aucun de ses antiques rameaux;
 car, si dans les divers idiomes issus de cette souche si féconde,
 des expressions diverses ont prévalu pour peindre un seul et
 môme objet, on est certain de les retrouver toutes reproduites
 ensemble dans le sanscrit, dont les racines fondamentales dé-
 terminent leurs nuances primitives.
    Pour justifier des promesses si brillantes, et les prouver par
l'exposé des faits, nous aurions besoin de beaucoup plus d'es-
pace que ne peuvent nous en fournir ces feuilles. Nous renverrons
donc ceux qui s'y intéressent aux ouvrages publiés sur ce sujet si
vaste, et particulièrement à notre Parallèle, dont nous n'extrai-
rons ici que troisouquatre exemples d'une application générale.
    Dans les langues les plus anciennes et les plus complètes
de l'Europe, le nominatif masculin est marqué par une sif-
flante, le féminin par une voyelle, le neutre par une nasale qui
disparaît quelquefois. Ces signes caractéristiques sont exacte-
ment ceux du sanscrit ; exemple : navas, d, am, ou navyas,
yâ, yam, nouveau, correspondant au grec vsoç,x,ov, aulati n