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435 pas fait assez d'honneur à des académiciens de votre mérite, mais je crois qu'il en aurait trop fait à ceux qui l'ont refusé, plutôt par un principe d'orgueil que de modestie. Je n'oublie- rai jamais, Monsieur, tontes vos bontés pour me faire accor- der une grâce qui, à le bien prendre, honore autant celui qui l'accorde, que celui qui la reçoit. J'emploierai toute mon élo- quence poétique pour tâcher de vous en remercier dignement; mais, en rendant justice à vos talents el à votre politesse, je ne manquerai pas de faire un conlraste aux dépens de ceux qui sont si fort éloignés de vous ressembler. Je me tairai pourtant jusqu'au jour de la Saint-Louis, bien résolu de ne point recevoir le prix, si je ne suis reçu à prononcer mon r e - mercîment. Au reste, Monsieur, je suis persuadé que si vous saviez les justes raisons que j'ai eues de répandre quelque peu de sel satirique sur les ouvrages des refusants, vous trou- veriez leur conduite encore plus odieuse. Les uns sont des in- grats, et les autres m'ont attaqué personnellement; mais, quelque tort qu'ils aient à mon égard, je suis dans le dessein de leur épargner la seconde partie de Y Homère vengé, par res- pect pour l'illustre corps dont ils sont des m e m b r e s ; mais, puisqu'ils font plus de cas de mes satires que de mes louan- ges,, je les servirai comme ils le souhaitent. « Je suis, etc. (1) » Le triomphe académique de Gacon fut une joie pour toute sa famille. Son frère lui écrivait de Lyon, le 10 septembre 1717 : « J'attendais toujours de recevoir vos deux odes pour pou- voir vous en féliciter, et pour vous témoigner la part que je prenais à la justice que l'Académie vous avoit rendue. Je ne sais par quel inconvénient elles ne me sont point encore par- venues, ce qui m'a obligé de les demander à M. Le Gras pour les faire imprimer, et satisfaire, par ce moyen, la curiosité de (1) Œuvres de Gacon, lom III, aux. Manuscrits de la Bibtiolbèquc de Lyon, n° 587.