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que la fausseté de la distinction ordinaire entre l'ame et le
corps soit démontrée. Nous ne pensons pas non plus que les in-
dividualités humaines ne soient que des formes passagères
d'une seule et même substance, l'absolu. Mais il nous semble
que si quelqu'un considérait la mort non comme une dissolu-
tion de parties, mais comme une cessation de la conscience,
l'argument métaphysique ne pourrait avoir pour lui aucune
valeur. Dans l'hypothèse de l'anéantissement de la conscience
par la mort, il n'y aurait plus d'immortalité personnelle, quel-
que fut d'ailleurs le sort de la substance de l'ame dissolu-
ble ou indissoluble. L'argument est donc évidemment insuf-
fisant.
   En dernier lieu Strauss passe en revue les essais complète-
ment récents et contemporains, qui dans le point de vue même
delà spéculation moderne, c'est-à-dire de l'école hégélienne ont
été faits pour établir l'immortalité. Schelling, dans la première
période de son développement philosophique, a caché son idée
sous des images à la manière de Platon ; la publication de sa
nouvelle philosophie antipanthéistique, son système historique
comme on l'appelle, est malheureusement encore attendue.
Hegel lui-môme n'a jamais manifesté clairement sa pensée
sur le point qui nous occupe. Il nous semble, quant à nous,
que son système exclut l'immortalité individuelle. Dans l'é-
cole hégélienne s'éleva bientôt après la mort du maître une
vive discussion à ce sujet. Richter dévoila la doctrine esotôri-
que de la philosophie hégélienne de la manière la plus inat-
tendue et fut chef de la gauche de l'école. Il attaqua avec une
amère dérision la foi à l'immortalité, et proclama avec en-
thousiasme le nouvel Evangile de la mort éternelle dont il
s'était constitué l'apôtre. Strauss le loue de son zèle, de sa
moralité, de sa loyauté, tout en croyant qu'il aurait dû être
un peu plus modéré. II se plaint des grossières attaques diri-
gées contre ce savant par des gens indignes de délier les cor-