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30 que la fausseté de la distinction ordinaire entre l'ame et le corps soit démontrée. Nous ne pensons pas non plus que les in- dividualités humaines ne soient que des formes passagères d'une seule et même substance, l'absolu. Mais il nous semble que si quelqu'un considérait la mort non comme une dissolu- tion de parties, mais comme une cessation de la conscience, l'argument métaphysique ne pourrait avoir pour lui aucune valeur. Dans l'hypothèse de l'anéantissement de la conscience par la mort, il n'y aurait plus d'immortalité personnelle, quel- que fut d'ailleurs le sort de la substance de l'ame dissolu- ble ou indissoluble. L'argument est donc évidemment insuf- fisant. En dernier lieu Strauss passe en revue les essais complète- ment récents et contemporains, qui dans le point de vue même delà spéculation moderne, c'est-à -dire de l'école hégélienne ont été faits pour établir l'immortalité. Schelling, dans la première période de son développement philosophique, a caché son idée sous des images à la manière de Platon ; la publication de sa nouvelle philosophie antipanthéistique, son système historique comme on l'appelle, est malheureusement encore attendue. Hegel lui-môme n'a jamais manifesté clairement sa pensée sur le point qui nous occupe. Il nous semble, quant à nous, que son système exclut l'immortalité individuelle. Dans l'é- cole hégélienne s'éleva bientôt après la mort du maître une vive discussion à ce sujet. Richter dévoila la doctrine esotôri- que de la philosophie hégélienne de la manière la plus inat- tendue et fut chef de la gauche de l'école. Il attaqua avec une amère dérision la foi à l'immortalité, et proclama avec en- thousiasme le nouvel Evangile de la mort éternelle dont il s'était constitué l'apôtre. Strauss le loue de son zèle, de sa moralité, de sa loyauté, tout en croyant qu'il aurait dû être un peu plus modéré. II se plaint des grossières attaques diri- gées contre ce savant par des gens indignes de délier les cor-