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DE L'ETUDE DE LA LANGUE. I. C'est un besoin pour l'homme de chercher le germe de tout ce qui s'est développé, les commencements de tout ce qui a grandi, le point de départ de tout ce qui a marché. Aussi, dès qu'il y a repos, intermission dans l'action, sa curiosité, qui n'avait encore regardé qu'en avant, s'éveille pour les choses passées : parvenu à l'âge mûr, c'est l'enfant qu'il veut re- trouver en soi, il se plaît à rassembler ses plus vieux souve- nirs et recueille comme des fragments précieux ses premières impressions; né au milieu d'une civilisation déjà ancienne, il se reporte, pour les étudier, aux ébauches d'organisation so- ciale; en possession dès sa naissance d'un merveilleux instru- ment de communication avec ses semblables, il prête l'oreille aux premiers bégaiements d'une langue souple et habile à tout dire.