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445 « En un mot, Monsieur, vous en entendrez parler; heureuse- ment ces messieurs et leurs consorts nous ont fourni assez de matières, pour composer un gros volume dans lequel je par- lerai d'autant plus librement que le sujet dont il s'agit ne peut intéresser ni l'état, ni la religion, et qu'elle (1) ne tend qu'à soutenir le bon sens et le bon goût. J'ai vu une dis- sertation d'environ une page du sieur de Boze, au sujet de la planche de Benoît Audran dont il parle comme un aveugle fait des couleurs. Le seul défaut qu'il y ait, et qui en est un très grand, c'est que le bronze et le marbre ne sont pas assez dis- tingués, et que la figure paraît plutôt le portrait du roi vivant qu'une copie de sa statue ; c'est ce que vous pourrez faire o b - server à son frère qui doit finir celte planche. J e lui en ai déjà insinué quelque chose; vous achèverez, Monsieur, de l'en convaincre, en taisant, s'il vous plaît, d'où vient l'obser- vation, puisqu'il pourrait me dire de quoi je me mêle, d'au- tant que cela allongerait de beaucoup son travail. J'ai fait réimprimer ma traduction des Fables de M. de la Motte d'une manière plus digne de voir le jour; je ne manquerai pas de vous en envoyer un nouvel exemplaire par la poste ; c'est tout autre chose que les précédentes. Je viens de mettre la der- nière main à un grand ouvrage dont je dois faire lecture ces jours ci au Régent : c'est une traduction de l'art poétique d'Horace en vers français, de l'art poétique de Boileau en vers latins, et de l'Art de Peinture de Dufresnois en vers français. J'espère d'y confondre doublement mes ennemis^ tant par la belle et bonne versification, que par une application des pré- ceptes aux ouvrages d'à présent. La qualité d'académicien m'obligerait à le communiquer avant l'impression à notre Académie, et particulièrement par déférence à notre illustre prélat; mais, comme je vois que les moins capables y pren- nent le dessus, je me contenterai de l'avoir montré à des gens qui, pour n'être pas de l'Académie, n'en ont pas moins de génie (l) H faut qu'il; Gacon avait d'abord écrit mesme au lieu do sujet.