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 mille fois plus nombreuses, cette doctrine reste néanmoins iné-
 branlable. La raison n'étant qu'une partie de l'homme, ce
serait une tentative complètement anti-philosophique, que de
vouloir la satisfaire aux dépens de l'homme tout entier, aux
dépens de ses désirs, de ses instincts, de ses besoins les plus
réels et les plus profonds. Tant que nous ne nous laisserons
pas aveugler par des systèmes qui partent des seules données
logiques, l'immortalité personnelle sera pour nous une vérité
incontestable, car elle est gravée en caractères ineffaçables
dans le cœur de chacun de nous. Nous recherchons l'infini,
l'absolu ; donc nous existerons à tout jamais. Descartes a dit :
Je pense, donc je suis ; nous dirons : J'aime, donc je suis
immortel !
   Il existe donc par rapport au point que nous venons de
traiter, comme par rapport à d'autres que nous ne touchons
pas ici, une profonde différence entre la doctrine de Strauss
et ce qui nous semble la vérité. Néanmoins, en définitive, l'ap-
parition ôe son livre doit être, à notre avis, pour les amis de
la science un sujet de joie plutôt qu'un sujet de tristesse. On
l'a déjà souvent remarqué : le développement franc et complet
d'un système quelconque ne peut faire que du beau, parce que
nous ne saurions bien éviter un excès qu'après l'avoir claire-
ment reconnu pour tel. L'humanité avance et avancera éter-
nellement dans la recherche du bien, du bien et du vrai.
C'est comme un grand combat pour des intérêts célestes et
éternels. Bien des soldats succombent, bien des individus
s'égarent et prennent de fausses routes. Mais la victoire ne
peut être remportée qu'au prix du sang des combattants ; tous
ceux qui périssent contribuent à la décider. Du choc des opi-
nions jaillit la vérité toujours plus claire et plus brillante.
   L'hétéronomie et l'autonomie, l'église et la science mo-
derne, la logique et la psychologie se livrent aujourd'hui de
rudes combats en Allemagne. Les intérêts les plus graves y