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j'aurai recours à la Hollande, et je n'oublierai pas le malheu-
reux Chabri qui a plus gagné avec tout son boussillage que
les Coustoux n'ont gagné par leur quatre chefs-d'œuvre. Mais
c'est l'ordinaire que les faquins éclaboussent les habiles gens.
Comme je suis très persuadé que vous n'avez point eu dé-
part dans tout cela, ou que si vous y en avez eu quelqu'une,
ce n'a été que comme conlraint, je suis toujours avec la
même estime et le même respect que par le passé, votre... »
On le voit, Gacon, n'était pas d'humeur tolérante, et
n'aimait ni Brosselte, ni Colonia. Dans une lettre que nous
avons citée en dernier lieu, Cholier disait au poète couronné :
« .... Je vous demande grâce pour le pauvre Père Colonia qui,
à coup sûr, n'a point cherché à vous fâcher; vous me rappelez
le Père Charonier, qui était mon ami particulier, et qui, comme
vous, tombait souvent sur ce pauvre Père.... »
Gacon faisait aussi, à la m ê m e époque, des inscriptions
pour une statue équestre que la ville de Montpellier élevait
à Louis XIV. Le 10 novembre 1719, Cholier disait à Gacon :
« — Où en êtes-vous pour celles de la statue de Montpel-
lier? je vous ai su bon gré d'avoir bien frondé :
Esllionorarliseques, gloria uiartis eques.
Un homme peut-il aussi mal penser? L'antithèse de l'homme
et du cheval esl ridicule. Gens capables de travailler peuvent-
ils ainsi s'égarer? Vous l'avez bien corrigé par votre
BelligeransLodoix oculis hic fufget in œre,
Martis lionor quondam, nunc decus artis adest. (t) »
Gacon répondait à cela :
« .... Je vous dirai, Monsieur, que j'ai reçu des remercî-
ments des personnes de la plus grande considération de la
province de Languedoc, au sujet de mes inscriptions pour la
statue équestre de Montpellier. M. de Roquelaure etM. de lier-
nage m'ont fait l'honneur de m'écrire là dessus d'une manière
(1) Lettres û Gacon,