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361 de son fidèle Azor, à peine a-t-elle fait quelques pas, qu'elle est interpellée par un membre du comité révolutionnaire : Citoyenne, ta cocarde! La voici; et elle montra son compa- gnon de promenade, le fidèle Azor qui la portait au bout de 3a queue. Que vois-jc ! 0 profanation ! s'écrie le membre du comité,mais, malheureuse aristocrate, qu'as-tu osé faire? Ah! sois-en certaine, tu payeras de la tête ton insolente audace. Madame de l'Etang est aussitôt arrêtée et conduite au cou- vent des Dames de la Visitation, aujourd'hui le collège, dont on venait de faire une prison ; là , pendant les six mois qu'elle y resta oubliée, fort Iseureusement pour elle, elle n'échappa que par miracle à la mort qui l'attendait. Mais, laissons Madame de l'Etang, que Madame Rolland se rappelait sans doute, quand elle traçait, dans ses mémoires, à la prison de l'Abbaye, avec le calme d'une bonne conscience, le tableau vrai mais peu flatté de la société de Villefranche, où celle femme extraordinaire habitait. Revenons à notre sujet. Outre les justices dont nous venons de parler, le Beaujolais possédait encore soixante-quatorze justices seigneuriales, qui avaient presque toutes pour officiers des notaires ou des procu- reurs exerçant près les prévôtés les plus rapprochées. Sans doute, ces officiers, tous gens du métier, étaient au moins aussi habiles à percevoir les épicesque les juges en titres d'of- fice. C'est du moins présumable. Quoiqu'il en soit, il est bon de savoir que plusieurs de ces justices ne comprenaient qu'un quart, un tiers, et môme un seul hameau d'une paroisse; mais d'autres aussi embrassaient un territoire beaucoup plus étendu : tels étaient les justices de Montmelas, La Chaize et Varennes. P. B. de Limas.