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 de son fidèle Azor, à peine a-t-elle fait quelques pas, qu'elle
 est interpellée par un membre du comité révolutionnaire :
Citoyenne, ta cocarde! La voici; et elle montra son compa-
gnon de promenade, le fidèle Azor qui la portait au bout de
3a queue. Que vois-jc ! 0 profanation ! s'écrie le membre du
comité,mais, malheureuse aristocrate, qu'as-tu osé faire? Ah!
sois-en certaine, tu payeras de la tête ton insolente audace.
Madame de l'Etang est aussitôt arrêtée et conduite au cou-
vent des Dames de la Visitation, aujourd'hui le collège, dont
on venait de faire une prison ; là, pendant les six mois qu'elle
y resta oubliée, fort Iseureusement pour elle, elle n'échappa
que par miracle à la mort qui l'attendait.
   Mais, laissons Madame de l'Etang, que Madame Rolland se
rappelait sans doute, quand elle traçait, dans ses mémoires, à
la prison de l'Abbaye, avec le calme d'une bonne conscience,
le tableau vrai mais peu flatté de la société de Villefranche, où
celle femme extraordinaire habitait. Revenons à notre sujet.
Outre les justices dont nous venons de parler, le Beaujolais
possédait encore soixante-quatorze justices seigneuriales, qui
avaient presque toutes pour officiers des notaires ou des procu-
reurs exerçant près les prévôtés les plus rapprochées. Sans
doute, ces officiers, tous gens du métier, étaient au moins
aussi habiles à percevoir les épicesque les juges en titres d'of-
fice. C'est du moins présumable. Quoiqu'il en soit, il est bon
de savoir que plusieurs de ces justices ne comprenaient qu'un
quart, un tiers, et môme un seul hameau d'une paroisse;
mais d'autres aussi embrassaient un territoire beaucoup plus
étendu : tels étaient les justices de Montmelas, La Chaize et
Varennes.
                                          P. B. de Limas.