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donne d'abord, quoiqu'ils soient cités par tous nos historiens lyon-
nais, et gravés dans la mémoire de tous nos compatriotes lettrés.
Sénèque fait ainsi parler Hercule (I) :
Vidi ditobus imm'niens jliwiis jugum,
Q/md l'hœbus oriit scmpi'r obverso vidcl :
L'bi Rhodanm mgem nmne prœrapido finit,
Aravque dubitam quo sitos cursus agat,
Tacilus quiftis uïluil ripas vndiv.
Ces vers qui sont assez gracieux, les deux derniers surtout, ont
été plusieurs fois traduits ou imités en vers par des modernes.
Rousseau, non le poète lyrique, mais le citoyen de Genève, dont la
poésie est loin de valoir la prose, a inséré dans ses mélanges une
traduction de la petite pièce latine; c'est par les quatre vers suivants
qu'il rend, d'une manière sèche et incomplète, ceux du philosophe
romain :
Fn route, aux pieds ti'im muni doré par l'orient.
Je vis se réunir dans tm séjour riant,
Le rapide courant de l'impétueux Rhône
Et le cours incertain de la paisible Saône.
Les vers suivants me paraissent beaucoup mieux, bien qu'on
puisse leur reprocher d'ajouter avec quelque afféterie à la pensée du
poète latin : ils font partie de la version de ce petit ouvrage satyri-
que que l'on trouve dans la traduction des œuvres de Sénèque par
La Grange (2) :
Je traversai (a Gaule, et vis sur mon passage
D'un aimable coteau le riant paysage :
Le soleil en naissant le dore de ses feux:
Ses pieds sont arrosés par des fleuves fameux :
Le Rhône impétueux et la Saône dormante,
Dont les tranquilles eaux et l'insensible pente
Aux nymphes, chaque jour, donnent lieu de douter
Si leur dieu veut descendre, ou s'il veut remonter.
Voici enfin une troisième traduction de ce petit morceau, quo
(1) Apokolok : Opp. édit. vaiior. tom. H, p. S50.
(2) OFAtvres de SniHïqne tom. V de l'édil. de Dehure, p. MO.