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201 degré d'imprévoyance, qu'il n'est pas croyable q u ' o n ait pu confier l'exécution d'un pareil travail à u n architecte d é p o u r v u à ce p o i n t des connaissances les plus é l é m e n - taires de son art, et dès lors nous n'hésiterons pas à rejeter celle-ci pour nous attacher uniquement à l'opinion du P . Mé- nestrier. Nous admettrons de plus que ces galeries ont été bâties par les Romains et qu'elles étaient un des rayons de cet immense développement d'aqueducs qui, dans le temps de leur ancienne domination, s'étendaient autour de L y o n , vers le Pilât, vers Ste-Foy l ' A r g e n t i è r e , vers le M o n t - d ' O r , et du côté du plateau de la Bresse. 11 est vrai que l'on veut encore leur arracher ce faible lambeau, e n p r é t e n d a n t qu'il est d é p o u r v u du caractère de g r a n d e u r que ces conquérants imprimaient à leurs œuvres. Mais doit- on admettre que les Romains ont toujours, et sans aucune nécessité, édifié des masses imposantes ? S'iis ont laissé à n o t r e admiration les magnifiques arceaux de Beaunant et de C h a p o n o s t , c'est que l'évidence de la position exigeait là quelque chose qui fut digne de leur puissance, et l'on ne peut r a i s o n n a b l e m e n t pas supposer qu'il en était de même p o u r un souterrain presque partout dissimulé sous les Bal- mes, et placé sur la r a m p e étroite qui les sépare du fleuve. Q u e l'on aille examiner les canauK qui c o n t o u r n e n t les montagnes de S t - B o n n e t - l e - F r o i d , de C h e v i n a y , de S o u r - cieux, et l'on verra bientôt qu'ils savaient économiser la main d'œuvre quand l'objet n'avait q u ' u n simple but d'utilité, aussi bien que faire des frais q u a n d il s'agissait de frapper les yeux. On prétend que ce travail, par son genre de construc- tion, ne peut pas r e m o n t e r au-delà du VI = siècle 5 cette assertion est au moins hasardée, car, comme nous l'avons