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sentement unanime, depuis que les peuples de l'Europe ont
pu se connaître et s'entendre parler.
   Mais il est un autre point plus difficile sur lequel les avis,
longtemps partagés, ne commencent que depuis quelque temps
à pencher vers une solution positive, c'est le rapport mutuel
des grandes familles de peuplés que nous venons d'énumérer
en Europe, et particulièrement des quatres dernières, celtique,
germaine, slavonne et thrace, soit dans leur essence, soit dans
leurs développements; rapport intime, rapport irrécusable,
que l'antiquité n'a pu connaître, mais dont la preuve ne pou-
vait échapper à ce siècle investigateur auquel la Providence
semble avoir réservé d'apercevoir enfin toute l'étendue
du monde. En effet, c'est au fond de l'Inde, à travers des
milliers de lieues, que les Européens ont dû aller chercher le
type sacré de leur origine ; c'est là qu'ils ont trouvé le sanscrit,
cet antique et vénérable idiome qui, conservé depuis près de
quarante siècles dans des monuments littéraires dont la série
embrasse tous les âges, leur a subitement révélé, par son ap-
parition merveilleuse, l'origine commune de leurs idiomes,
de leurs découvertes et de leurs arts. Riche d'un alphabet de
cinquante lettres, classées d'après les organes de la voix, joi-
gnant à la variété des modulations la plus exacte symétrie, et
à la multitude des combinaisons la clarté la plus admirable,
le sanscrit, que l'on pourrait appeler l'indien par excellence,
représente et résume toutes les langues de l'Europe, à tra-
vers le temps et l'espace, comme un orgue colossal dont les
échos se croisent sous l'effort de vents opposés. Les sons fon-
damentaux sont les mômes dans leur expression séculaire, les
syllabes radicales se correspondent d'une manière régulière
et complète, avec les seules modifications imposées par l'effet
inévitable des climats. C'est ainsi que la prononciation de cha-
que famille distincte, les lois de l'euphonie, la physionomie
des mots ont varié dans des proportions diverses, toujours