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170 primitif font place à des formes moins austères, à des plaines légèrement ondulées, soutenues par quelques chaînes de mon- tagnes, et entrecoupées de rivières navigables. Aux chaleurs brûlantes et aux froids excessifs succède une température plus douce ; les animaux sont moins nombreux, moins redoutables; la végétation, dépouillée de sa surabondance, résiste moins aux efforts de l'art ; toute la nature offre un aspect plus calme, et ne semble attendre, pour s'animer, que l'impulsion de la volonté humaine. C'est le séjour que la Providence a destiné au perfectionnement de l'humanité, au sortir de la vie instinctive dans laquelle végétèrent ses premiers âges ; c'est l'Europe, patrie de l'intelligence, de l'industrie et de la liberté. Tous les Européens sont venus de l'orient; cette vérité, con- firmée par les témoignages réunis de la physiologie et de la linguistique, n'a plus besoin de démonstration particulière. 11 suffit d'ailleurs de jeter les yeux sur la carte pour en sentir l'évidence et la nécessité. L'Europe, touchant l'Asie sur tous les points de sa surface orientale, et effleurant l'Afrique à l'occident, a offert, par les défilés de l'Oural, par ceux du Caucase, par le Bosphore de Thrace et même par le détroit de Gadès, des passages faciles aux tribus de race blanche que l'accroissement de la population et l'activité de leur génie poussaient sans cesse, de l'est à l'ouest, à la recherche d'une patrie nouvelle. Si l'histoire ne nous dit rien de positif sur ces migrations antiques et continues, si nous sommes réduits à de vagues traditions qui semblent souvent se contredire, c'est qu'elles ont précédé toute histoire et se perdent dans la nuit des siècles. Longtemps ces tribus errantes, refoulées par d'autres tribus, ont continué leur marche incertaine à travers les plai- nes de l'Europe, longtemps elles ont lutté entre elles, se sont divisées, modifiées, réunies, avant que quelques-unes des plus favorisées aient pu consolider leur puissance ; et, quand deux