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pythagoricien portait dans sa mémoire, était beaucoup plus
complète que celle des autres hommes qui, par négligence,
oublient souvent des années entières, et ne conservent à
la fin de leur existence que des images vagues et obscures
de ce qui leur est arrivé dans des espaces de temps con-
sidérables (i). Cette récapitulation de choses passées im-
posée à chaque pythagoricien,
         Nec prius in dulcem déclines lumina somnutn
         Quam bene perpendas ter tolius acla diei,
         Quo prœiergressus,quidgeslumin tempore, quid non.
                                    (Vers dorés, traduction de GKOTIUS.)

avait aussi reçu pour résultat de fortifier en lui l'amour des
vertus, par le plaisir inexprimable que procure le senti-
ment de bonnes actions, et y étouffer insensiblement les
germes des mauvais penchants par la honte et le repentir.
   Le christianisme, dont les plus graves enseignements, si
conformes à la nature de l'homme, sont presqu'aussi mé-
connus de nos jours que les maximes pythagoriciennes, a
fait également une loi de l'examen de conscience à chacun
de ses sectateurs. Il leur ordonne de se recueillir à l'heure
des ténèbres, de repasser en présence de l'Etre suprême,
dont la justice apparaît plus redoutable au milieu des fan-
tômes de la nuit, les actes du jour qui vient de s'écouler,
de répudier à jamais jusqu'à la pensée du mal. C'est à Dieu
à savoir combien d'ames défaillantes aux prises avec le
mauvais génie ont dû à ce recueillement intime de salutai-
res résistances ! combien de forfaits longuement prémédi-
tés sont demeurés sans exécution! Si l'Évangile.était mieux
connu, mieux interprète et surtout mieux pratiqué, nous
n'en serions pas à déplorer l'oubli dans lequel sont tombés

 (t) Meiners, loc. cit. p. r37, cite des extraits de Jamblique, de Dion.