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tjùe l'on prît soin simultanément du corps comme de'l'ame^
afin que, semblables à deux coursiers robustes et bien atte-
lés devant un même char, l'un et l'autre puissent concourir
à le traîner d'une égale force.
    Dans la plupart des hommes, il y a, dit ce dernier phi-
losophe qui a beaucoup emprunté à Pythagore, une dis-
proportion dangereuse entre le corps et l'aine, parce que
la dernière est ou trop forle ou trop faible pour le
premier. L'ame alors agite si fortement le corps, elle le
 consume si puissamment par le feu violent qu'elle lui
 communique, et l'épuisé si promptement par l'activité
 Continuelle et les efforts dans lesquels elle l'entretient,
 qu'il est forcé de périr. Dans le second cas, l'ame faible
 est traînée par le corps et ses passions, comme un esclave
enchaîné3 ou si ses passions sont aussi froides qu'elle est
faible, elle ne peut mouvoir que lentement et avec beau-
coup de peine la lourde masse du corps dont le poids
 l'accable. Lorsque c'est le corps qui l'emporte sur l'ame,
il en résulte ou des hommes faibles et méprisables qui,
 comme des roseaux, sont agités sans cesse par les moindres
 vents du plaisir ou de la douleur, de l'espérance ou de la
 crainte, ou des créatures paresseuses et immobiles aux-
 quelles on ne peut communiquer du mouvement que par
 des commotions violentes.
  Mais il n'y a rien de plus rare que les heureux mortels
chez lesquels l'ame et le corps sont dans une telle har-
monie et dans un tel équilibre, que l'une règne sur l'autre
suis le détruire, et que l'autre obéit volontairement à la
première sans l'assujétir ou la gêner dans ses fonctions
(Timéè).
  Pythagore s'était formé une théorie médicale, à en juger
par un extrait que donne Laërce ; ce philosophe considé-