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véritables rapports des personnalités diverses qui constituent l'être
absolu. Peut-être même ce qu'il y a de profondeur dans son in-
terprétation l'exposera-t-il a des objections de la part des tradi-
tionnalistes ; peut-être à cause de l'iniative qu'il attribue à l'amour,
l'accusera-t-on d'avoir intervertit l'ordre de procession généralement
admis entre les trois personnes divines ; il est allé au devant de
ce reproche en faisant remarquer que les nécessités de notre in-
telligence nous obligent, en parlant de Dieu, à présenter comme
successif ce qui est instantané, comme divisé ce qui est indivisible,
d'où il suit que si l'ordre logique exige que l'amour soit posé
comme principe générateur et primordial, cela ne contredit en rien,
 ni l'unité des personnes, ni l'ordre de puissance, sagesse, amour,
 tel qu'il est enseigné par la religion, d'après l'ordre de manifes-
 tation dans le temps des trois termes de la triade divine. L'au-
 teur a donc fait passer dans le domaine de la science une vérité
 implicitement contenue dans le symbole religieux mais que nul
 n'en avait encore nettement dégagée.
     Si donc le Iraditionnalisme réclame cette idée comme un em-
 prunt fait à l'ordre de la foi, on peut lui répondre que pour s'ac-
 corder avec l'esprit de la tradition, cette idée n'en est pas moins
 due à la philosophie et obtenue par un procédé tout scientifique *       ,
 pour démontrer le droit et la possibilité qu'à la raison de faire
 à elle seule l'ontologie, on peut lui citer des vues ontologiques
 d'une vérité incontestable, émises par des philosophes aux-
 quels la tradition était inconnue ; mais aucun de ces philosophes,
  pas plus que ceux qui les ont suivis, n'ont aussi bien déterminé
  le principe de vie de l'être que M. Blanc Saint-Bonnet.
     Leibnitz a démontré l'activité essentielle de la substance, il a
  prouvé que toute substance est cause que tout phénomène est
  effet, et que la cause se produisant sans cesse au dehors, produi-
  sant sans cesse ses phénomènes, elle est sans cesse en acte ; mais
  ce qu'il s'agissait surtout de trouver pour expliquer la vie de la
  substance, c'est l'intermédiaire entre la puissance et l'acte, la loi
  qui détermine la puissance à l'acte ; il ne suffit pas d'avoir reconnu
  l'activité incessante de la substance, il faut connaître la cause intime
   de cette activité ; là est le secret de la vie de Dieu.