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 sont enjeu, les dernières bases de l'édifice religieux et politi-
 que sont sondées par le doute le plus décidé et le plus auda-
cieusement logique. Néanmoins, on n'essaye nulle part de
mettre des entraves à la science, que du reste on ne saurait
arrêter. Que la France, à cet égard, prenne exemple des pays
d'Outre-Rhin. Chez nous aussi les esprits s'entrechoquent ;
qu'on leur laisse le champ libre, et qu'on ne veuille pas arrê-
 (er un mouvement qu'il n'appartient qu'aux hommes de génie
de diriger. La véritable philosophie de son point de vue supé-
 rieur, reconnaît que môme les systèmes qu'elle rejette, repo-
sent sur une base qui ne manque de solidité que parce qu'elle
est étroite et incomplète. Aussi elle sait les comprendre, les
expliquer, et démêler la part de vérité et d'erreurs qu'ils con-
tiennent; elle sait montrer h leur égard une tolérance incon-
nue aux systèmes qui se placent à un point de vue plus res-
treint. Cette large tolérance qu'il ne faut pas prendre pour
de l'indifférence, et l'étude approfondie de la philosophie alle-
mande et de ses richesses, sont aujourd'hui, pour la France
philosophique, la condition du progrès. L'école qui est desti-
née à faire reprendre à notre patrie le rang qu'elle occupait
dans le monde philosophique aux temps des Descartes et des
Malebranche, sera celle qui saura construire une ontologie con-
forme aux besoins de la nature humaine en se fondant sur la
psychologie.
                                         CHARLES BUOB.


  Genève, mai i84'J-.




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