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 constitutifs de la langue indienne, sur ses règles de formation
 et d'euphonie, sur ces racines, extraites au nombre de mille
 par les soins de judicieux grammairiens, et dont six cents au
 moins se retrouvent parfaitement identiques dans les langues
 de l'Europe, pour être convaincu de la vérité irrécusable de
 l'assertion que nous venons d'émettre. Son alphabet de cin-
 quante lettres, échelle harmonique presque complète, divisée
 selon la loi de la nature, d'un côté en modulations ou voyelles,
 de l'autre en articulations ou consonnes, gutturales, palatales,
 dentales, linguales, labiales, avec les nuances de nasales et
de sifflantes, de fortes, de faibles et d'aspirées, s'adapte à tous
les sons de nos idiomes avec une force et une plénitude
d'expression auquel n'a jamais pu atteindre l'incohérent alpha-
bet phénicien. Sa déclinaison, composée de trois genres, de
 trois nombres et de huit cas, embrasse toutes les désinences
casuelles réparties dans les langues les plus complètes.
    Sa conjugaison, composée de trois voix, de six modes et de
six temps, offre les augments et les redoublements grecs, les
créments latins et gothiques, les intfrcalations slavonnes, et des
flexions personnelles si bien marquées qu'on y reconnaît par-
tout le type pronominal. Enfin, les pronoms eux-mêmes, les
prépositions, les verbes, les noms de nombre, les principaux
adjectifs et substantifs, tels que les noms d'éléments, d'ani-
maux, de rang, de parenté, d'ustensiles se correspondent
d'une manière identique dans toutes les divisions de ce vaste
système, avec les seules modifications imposées par l'intervalle
des climats et des siècles.
    Ici se manifeste encore un phénomène qui peut venir en
aide à l'histoire, c'est la gradation d'affinité entre le sanscrit
et les quatre familles de peuples échelonnées en Europe, grada-
tion qui semble être en rapport avec leur séparation successive
de la souche commune, et marquer les différentes phases du
perfectionnement de la langue mère. Ainsi, les Celtes rélégués