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                        LIEUX COMMUNS

                                  A   L'USAGE




 DES PARTIS POLITIQUES.



                                           L'autorité ne se fonde point en l'air , elle ne
                                         vit point de sa propre substance....
                                                                         GUIZOT.




    Peu de lieux communs ont eu une aussi grande fortune que celui-
 ci : « Il faut reconstituer le pouvoir ; car le pouvoir peut seul sauver la
 société. »
    On dirait que le salut de la nation dépend d'un caprice du pouvoir,
 et qu'il dépend du caprice de la nation de refaire une autorité irres-
 ponsable, de croire à son infaillibilité, et d'avoir pour elle une véné-
 ration presque religieuse. On s'imagine qu'une fois organisée, cette
 autorité se tiendrait debout, marcherait et agirait toute seule. Que les
citoyens n'auraient plus besoin de s'occuper de la chose publique,
 parce qu'ils auraient une espèce de providence suprême, en dehors et
au-dessus de la nation, ne lui devant rien et pouvant tout lui donner,
le repos et le bien-être, l'ordre en un mot. Ce pouvoir serait une force
agissant à priori ; à défaut de sympathies, il se contenterait de l'intimi-
dation. Tout le mal, en effet, ne vient-il pas, dans les temps modernes,
de ce que la notion de l'autorité s'est affaiblie ? S'il y avait un pouvoir
fort, il n'y aurait plus de révolutions. Celles-ci n'ont pas leur raison
d'être dans les droits méconnus de la nation ou dans l'indignité de
ceux qui gouvernent, mais elles sont enfantées par la générosité des
gouvernements, tout au moins par leurs faiblesses ou par leurs con-
cessions. Fortifions donc le pouvoir et armons-le de prérogatives sou-
veraines, pour qu'il puisse échapper, non seulement à tous ses enne-
mis, mais encore à la responsabilité de ses propres fautes. Kt aussitôt