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                            ET Mi COMMERCE.                              353
 lettre de change, ainsi que le commerce, mais bien de supprimer pu-
 rement et simplement la lettre de change et le commerce, c'est-à-dire,
 d'employer la contrainte, d'attenter à la liberté.
    Je proteste de toutes mes forces contre ce reproche ; la banque d'É-
 tat supprime si peu la lettre de change, qu'elle l'admet à l'escompte,
 suivant les usages actuels ; seulement, la banque d'État, monétisant
 toutes les valeurs, il est clair que le billet de la banque d'État, étant au
 reste absolument garanti, sera préféré à la lettre de change, dont la
garantie est si incertaine, et que, par suite de la facilité qu'il y aura à
 obtenir ce billet de banque, toutes les opérations à termes seront in-
 finiment réduites, et remplacées par la vente au comptant, ce qui
 toutefois n'empêchera pas ceux qui préféreront un titre incertain, mal
 garanti, la lettre de change, à un titre solide, authentique, à se passer
 le plaisir d'accepter des lettres de change.
    Quant à moi, en étant qu'industriel, je vous déclare que je préfé-
 rerai toujours livrer mes produits contre une valeur positive, que contre
 Une lettre de change, quelle que soit la bonté des signatures, et je ne
 croirai pas qu'on attentera à ma liberté, lorsque je recevrai en échange
de mes produits un équivalent véritable.
   Il en est de même du commerce, je suis convaincu que l'institution
des agences communales, rendant inutile et impossible la spéculation
sur les produits, offrant toute garantie de loyauté, de vérité, suppri-
mant les fraudes et les falsifications, diminuant de beaucoup les faux-
frais, tous producteurs et tous consommateurs, mis directement en
rapport par ce système, auront le plus grand intérêt à s'en servir.
   Ce qui n'empêchera pas les producteurs qui seront enthousiasmés
du mode actuel du commerce, de continuer à subir les extorsions du
capital, les spéculations et les faux-frais des intermédiaires, ils seront
parfaitement libres de ne pas se servir des agences communales, de
même que les consommateurs conserveront toujours la faculté d'acheter
de préférence des produits plus chers, souvent falsifiés, dont l'origine et
le prix leur seront inconnus, rien ne les forcera à se servir des agen-
ces communales.
    Quant à moi, en tant qu'industriel, et en tant que consommateur,
je ne croirai jamais qu'on attentera à ma liberté, lorsqu'on créera une
institution qui me permettra de vendre mes produits à moins de frais
lorsqu'on me mettra en relation directe avec les consommateurs, et
lorsque je pourrai acheter les produits nécessaires à ma consomma-
tion, à de meilleures conditions, et avec toute garantie.
    Je ne supprime donc ni la lettre de change, ni le commerce, mais je