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A L'ASSEMBLÉE DES REPRÉSENTANTS. 259 cette affaire, de nous montrer plus exigeants et plus susceptibles dans les actes futurs de notre politique internationale? Il nous faudra quelques jours et quelque part prendre une revanche de notre trieuse victoire. Parmi les singularités politiques de la quinzaine, la discussion du Projet d'abrogation des lois de proscription contre la famille des "°urbons, n'a pas été une des moins étranges. M. Berryer, qui avait, ^n 1831, demandé que le territoire français cessât d'être fermé aux K °iiaparte a accueilli avec beaucoup d'aigreur et de dureté une pro- position qui, au premier abord, semblait être un échange de procédés généreux entre' un membre de la famille impériale et l'orateur de h branche aînée. Cette proposition méritait au moins de la part des am s ' véritables des princes exilés une critique bienveillante, si non Ul ie adhésion cordiale. Il n'en a rien été pourtant. Pour ne pas ètre Obligé d'en faire l'éloge, M. Berryer, l'a traitée comme une enne- "tie et l'a accusée de mauvaise foi. Nous en sommes fâché pour lui, •fiais nous croyons qu'il y aurait eu plus d'adresse à montrer un Peu plus de cœur. En supposant que cette proposition eût une prière pensée, il était habile de n'en voir que la générosité et d'en 'Snorer le piège. Quoique nous n'ayons jamais vu les princes mourir du mal du pays, il serait bon pour eux de le laisser penser ; et ?uand un parti leur offre le rapatriement, ils devraient au moins, P ar respect pour les traditions reçues, laisser voir autant d'affection P°Ur la patrie absente que pour le royaume perdu. 11 y a tant de j&oyens d'ailleurs d'accepter un bienfait sans en profiter ou de le re- u ser avec dignité, c'est-à -dire sans montrer d'amertume et de mau- vaise humeur. Nous n'exigeons pas qu'un prince royal dise comme, Marino Faliero : Je ne veux pas desceudre, et nie Tais citoyen. Cette déclaration pourrait bien,dans notre temps d'incrédulité,exciter ^tant de défiance que d'admiration. Mais elle ferait encore moins " e mal à sa cause que cette revendication menaçante d'un droit e xclusif sur la France. Il est vrai que, selon quelques personnes, •tenri de Bourbon n'est pas libre, qu'il ne s'appartient pas ; il ap- partient, dit-on, à un principe. Nous croyons, nous, qu'au lieu de Ju* appartenir, il lui survit; et survivre à un principe mort, c'est être ' a dernière victime d'une dernière superstition. Et puis, ne comprend-on pas combien il est facile d'interpréter d'une Manière défavorable pour le client de M. Berryer ce refus de se laisser