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 542                     MÉTAPHYSIQUE 1>E L'AltT.

le Père éternel dans la consonne, le Fils dans la voyelle, et le Saint-
Esprit dans la voyelle qu'elles forment. Les enfantillages qu'il débite à
propos des lignes verticales, horizontales et courbes, ne sont pas plus
dignes d'un esprit sérieux.
   Si nous avons insisté sur les défauts généraux de l'ouvrage de M.
Mollière, c'est surtout, nous l'avons dit, parce que ce livre renferme les
conditions d'un talent qui pourrait rendre de remarquables services à
la science. Le style en est vigoureux, pressant, mais quelquefois pré-
tentieux et surtout criblé de sauvages néologismes. M. Mollière aurait
dû savoir se contenter de la langue des Malebranche et des Pascal.
   Nous ne devons pas oublier de mentionner certain épilogue quelque
peu politique, dans lequel M. Mollière s'évertue à prouver, au moyen
de la Trinité, que la souveraineté du peuple est contraire à la nature
idéale que l'état social doit exprimer. M. Mollière démontre, toujours
en vertu de la Trinité, que l'incarnation confuse du pouvoir dans la
masse du peuple n'est point un progrès, mais une altération des lois
de l'être social humain, et que l'hérédité est la seule forme politique
en harmonie avec I'Essentialisme, le Formalisme et le Vitalisme, dont
l'organisation sociale doit être la reproduction. Jusqu'où peut aller
l'erreur d'un homme d'esprit! M. Mollière a cru faire un tour de force
de logique, et le simple sentiment moral, dont nous devons l'initiation
à l'enseignement révélé, est une protestation contre le paganisme de
sa théorie. Pour nous, jusqu'à preuve du contraire, nous tiendrons
l'institution qui fonde la responsabilité politique des peuples sur leur
responsabilité morale, comme la plus conforme au but de justice et
d'équité que la société moderne, par la révélation évangélique, a pour
fonction de réaliser. 11 est vrai que nous n'avons pas la prétention de
présenter notre opinion comme absolument conforme aux lois essen-
tielles de l'Etre incréé ; il nous suffit qu'elle soit bonne, relativement
aux notions de justice et de morale que nous possédons. Or, nous ne
croyons pas qu'il soit nécessaire d'une connaissance plus complète à
la société pour accomplir sa destinée et réaliser le bien que Dieu lui a
donné mission d'accomplir.
   Un mot, maintenant, sur la portée du livre en lui-même.
   M. Mollière a voulu faire la théorie de 1'A.rt, d'après les principes de
l'enseignement traditionnel. Combien, avec tout son talent, il aurait pu
rendre cette étude plus conforme au sentiment chrétien, et plus fruc-
tueuse à ce point de vue, en se tenant dans des données moins abs-
traites et moins purement métaphysiques ! 11 aurait pu montrer, par
exemple, uon pas ce qu'est l'essence du Reau.ce que personne ne sait,