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 424                        I>K LA CONSTITUTION.

 blir ou corrompre. De là, des tentatives d'espèces diverses : 1" re-
 pousser toute extension du régime représentatif, afin qu'il ne prît
 point de racines dans le peuple ; 2° comme le régime représentatif
 était concentré au sein de la bourgeoisie par le monopole électoral,
 défendre énergiquement ce monopole, s'opposer invinciblement à
toute réforme, puis caresser les vanités, les faiblesses et les passions
 de la bourgeoisie, afin de faire naître entr'elle et lui une complicité
 d'usurpations et d'intérêts matériels ; 3° enfin établir, entre les élec-
 teurs et les élus, un courant d'influences corruptrices, afin que les
 députés, gagnés par les faveurs ministérielles, servissent eux-mêmes
 de canaux pour distribuer et répandre la corruption dans les petits
 cercles d'éleeteurs auxquels chacun aboutissait. Telle fut constamment
 la politique orléaniste. Mais, il faut le dire à l'honneur des mœurs
 françaises, jamais cette tactique n'obtint un succès complet. Comme
 elle nécessitait chaque jour des hontes ajoutées à des hontes, elle finit
 par soulever, à la fin, plus de consciences indignées, qu'elle ne gagnait
 de complices. L'opposition s'accrut, se gonfla, éclata hors de l'enceinte
 parlementaire. Le peuple se fit juge, et l'on sait l'arrêt de Février !
    Venons maintenant à la Constitution de 1848 ! Dans le cas où elle
 contiendrait aussi des germes de conflit, c'est déjà un grand argument
 de moins contr'elle d'avoir prouvé que ses sœurs aînées ne sont pas en
 position de lui faire aucun reproche à cet égard. Mais ce n'est pas as-
 sez ; nous soutenons que, par sa simplicité démocratique, elle échappe
 aux mêmes périls. Expliquons-nous. Mon Dieu, il n'y a pas de Consti-
 tution qui puisse résister longtemps à une certaine manière de l'en-
 tendre et de l'appliquer. Une Constitution est comme une mécanique
 qu'il ne faut pas faire marcher à rebours, sous peine de la briser. Nous
 ne disons donc pas que la Constitution de 1848 résistera, si on la fait
 marcher à contre-sens ; mais notre thèse est celle-ci .• sainement in-
 terprétée et bien appliquée, cette Constitution ne renferme pas les
 germes d'antagonisme qu'on lui impute.
    Il est clair, d'ahord, que, parce qu'elle place le peuple au sommet,
comme souverain unique, elle évite ce dualisme du peuple et du roi,
soit qu'il s'agisse d'un roi qui se prétend supérieur au peuple, comme
le roi des légitimistes, ou soit qu'il s'agisse d'un roi qui se prétend
l'égal du peuple, comme le roi des orléanistes.
    Dans la série des délégations qui émanent du peuple, la Constitu-
tion fait venir, avant tout, l'Assemblée législative. Or, celte primauté,
dans l'ordre des délégations, qui indique déjà une prééminence for-
melle sur les autres, n'est pas une chose arbitraire. Elle a sa racine