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728                    IMPÔTS SUR LES BOISSONS.

mais couipte-t-elle moins de pauvres toute proportion de population
gardée ? — La nécessité d'exempter de la cote mobilière et personnelle
une partie de là population, et la statistique du paupérisme dans les
villes les plus populeuses sont là pour prouver le contraire.
   En attendant que des idées plus saines et des sentiments plus équi-
tables prévalent dans ces questions d'impôt, les vins, trop fortement
taxés aux portes des villes, s'écoulent avec lenteur. En affaiblissant
la taxe dans les localités où les consommateurs sont en petit nombre,
pour la rendre plus lourde dans les grands centres de population, on
 est.arrivé à ce déplorable résultat du système actuel qui consiste à
priver de vie une partie de la France, tandis que l'autre en est en-
combrée.
   Droit de détail. — De toutes les variétés de l'impôt sur les boissons,
 celle-ci est la plus vicieuse. Dangereuse parce qu'elle est impopulaire,
injuste parce qu'elle frappe le contribuable en raison inverse de sa
fortune, pernicieuse à la santé publique parce qu'elle encourage, par
son élévation, les falsifications les plus insalubres, doublement immo-
rale, parce qu'elle est une provocation incessante à la fraude du mar-
chand, et parce qu'en • restreignant l'usage d'une boisson salutaire,
elle propage l'ivresse produite par l'alcool, rien ne la justifie, tout la
condamne.
   Quelques financiers philanthropes ont pourtant essayé de la réha-
biliter. Cette taxe, disent-ils, restreint la consommation qui se fait au
cabaret. Elle est une amende payée par le vice et une espèce d'invi-
tation pour l'ouvrier à la vie de famille. A les entendre, on dirait que
les établissements de détail ne répondent à aucun besoin réel, et qu'ils ne
servent qu'à satisfaire les penchants à la paresse et à l'abrutissement.
Cette appréciation est évidemment exagérée. Sans doute on abuse du
vin vendu au détail, mais croit-on qu'on n'en use jamais avec modé-
 ration ? Certainement un nombre trop grand d'ouvriers perd beaucoup
de temps et beaucoup d'argent dans les cabarets, mais pense-t-on
qu'il n'y en a pas un plus grand nombre encore qui y trouve une sa-
tisfaction légitime et une consommation utile? On ne doit pas ignorer
pourtant qu'il y a dans l'état actuel de la production en France, des
classes nombreuses d'artisans qui ne peuvent trouver que dans des
 établissements soumis au droit de détail leur nourriture et leur boisson.
    Il faut encourager, dit-on, la consommation du vin dans le sein de
 la famille, parce que là elle est utile à tous et n'est nuisible à per-
 sonne. Nous approuvons ce projet ; mais tous les ouvriers n'ont pas