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                                   DE LA FRANCE.                      615
du pouvoir central. La dictature du gouvernement révolutionnaire ne
s'arrêta pas à la centralisation du personnel administratif, elle absorba,
dans le domaine national, tous les biens mobiliers et immobiliers des
communes et des départements. Leurs dettes furent déclarées dettes
de l'Etat. Les biens des hôpitaux, maisons de secours, hospices, bu-
reaux des pauvres, établissements de bienfaisance passèrent égale-
ment sous la régie du trésor national (I). Au milieu de cette tour-
mente, le nom de la Commune survécut seul.... ce nom avait quinze
siècles derrière lui !.'


                                         VIII.

    La France respira un air plus calme sous le Directoire ; les pas-
 sions parurent s'amortir, bien qu'on entendît encore les derniers
  grondements de l'orage révolutionnaire. L'esprit public, encore effrayé
 des excès de la Tert-ewr, hésitait dans la voie qu'il devait suivre;
 aussi, toutes les institutions de cette époque ont-elles un caractère in-
 décis, et présentent-elles ce tempérament moyen qui appartient aux
 phases de transition.
    Le régime municipal de la Constitution de l'an III ne se développe
 point avec la largeur et le libre mouvement des créations adminis-
 tratives de 89. Le rouage est simplifié : il tend plus à l'action. La
 délibération des grands conseils est remplacée par l'administration di-
recte des agents et officiers municipaux.
    Chaque administration de département, à l'imitation du Pouvoir
exécutif, était composée de cinq membres élus et renouvelée par cin-
quième tous les ans.
    Les petites communes rurales étaient administrées par un agent
municipal et un adjoint, et la réunion des agents municipaux de
chaque commune formait la municipalité du canton. Les communes
 Urbaines, au-dessus de cinq mille âmes, étaient dirigées par un con-
seil, composé d'officiers municipaux, dont le nombre s'élevait de cinq
à neuf.
    Soit qu'on voulût amortir la puissance des villes de premier ordre,
soit qu'on cherchât à composer les communes d'un chiffre de popula-
tion qui ne présentât pas les excessives différences des municipalités
de la Constituante, les grandes villes dont la population excédait plus

  (i) Décrets du i.} frimaire an II, a4 aoilt ç>3, et Î 3 messidor an II.