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616               DE L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE

 de cent mil|e âmes, étaient divisées en plusieurs administrations mu-
 nicipales. Un bureau central, nommé par le département, réglait les
 objets jugés indivisibles par le corps législatif: Lyon, Bordeaux, Mar-
 seille furent divisés en trois municipalités.
    Le Directoire exécutif nommait, auprès de chaque administration
 départementale et municipale, un commissaire révocable. Cet agent
 du pouvoir central était chargé de requérir et de surveiller l'exécution
  des lois ; il devait être pris parmi les citoyens du département.
    Les administrations municipales étaient subordonnées à celles du
 département, et celles-ci aux ministres. Les ministres pouvaient an-
 nuler tous les actes des corps administratifs, et le Conseil départe-
 mental avait le même pouvoir sur les municipalités. Ici la dépendance
 est complète, absolue comme de nos jouis ; mais on n'y voit pas en-
 core l'autorisation préalable pour la validité des délibérations des
 conseils municipaux, et le commissaire du Pouvoir exécutif n'est
 chargé que de contrôler la marche des conseils locaux ; il n'en- est pas
l'administrateur suprême. Cet ordre administratif, bien que donnant
des garanties suffisantes à l'autorité centrale, et conservant à la com-
 mune et au département une indépendance réelle, ne fonctionna pas
 sans peine, au milieu de l'affaissement général. Il reçut plus d'une en-
torse, et le Directoire en vint même quelquefois à procéder, de son
 chef, à la nomination provisoire des administrateurs (1).
    La suppression des conseils municipaux dans les petites communes
rurales, fut considérée comme une dépossession inique ; ces mo-
destes agglomérations villageoises s'étaient habituées à un gouverne-
ment de famille, que l'administration transportée au canton ne pouvait
remplacer.
   Quant aux grandes cités, elles furent toujours hostiles au morcel-
lement de leur unité, par le fractionnement des municipalités. Cette
division anormale amena des conflits, des embarras, qui démontrèrent
tous les vices d'une mesure qui n'avait que le but de décapiter ces
puissantes existences dont la vitalité, fortement trempée par une durée
séculaire, faisait ombrage à l'action envahissante du pouvoir central.
    Les tiraillements de lapentarchie du Directoire expliquent la chute
si facile de ce gouvernement condamné à l'irrésolution par sa nature
 complexe.
   La France, reniant sa liberté, applaudit à l'attentat d'un général
victorieux qui déchirait la Constitution, et elle se précipita dans ses

  (i) Loi du 22 ventôse an IV.