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536                    MÉTAPHYSIQUE DE L'Ain'.

études ontologiques. Nous nous bornons à affirmer ici une chose, qui
ressort d'ailleurs clairement de l'expérience, c'est que Dieu n'a com-
muniqué à l'être relatif que la part de la vérité éternelle dont il im-
portait que cet être eût la connaissance pour pouvoir remplir ses de-
voirs et accomplir sa destinée. C'est, en un mot, que toute théorie
absolue de l'art, quelque savante et habile qu'elle soit, à l'exemple de
celle de M. Mollière, est d'abord dépourvue de conséquences pra-
tiques, et, en second lieu, trop en dehors du monde expérimental, trop
semblable à un jeu de l'esprit, pour être le plus souvent autre chose
qu'une brillante hypothèse, à côté de laquelle on peut élever, avec
autant d'apparences de raison, une hypothèse différente, sinon op-
posée.
    Nous regretterions que l'on pût croire que nous méconnaissons le
côté sérieux du livre de M. Mollière, et la portée réelle qu'il peut
avoir. Nous ne nous aveuglons pas sur son mérite, et c'est pour cela
que nous croyons devoir signaler l'excès dangereux où est tombé son
auteur.
    Il nous serait facile, du reste , de démontrer combien, lorsqu'on
veut, se transportant dans le monde des abstractions et des notions
 purement idéales, raisonner d'après ce qu'on croit être les lois rigou-
 reuses de la logique, combien, disons-nous, il est facile de prêter le
flanc à la plus vulgaire des critiques. Nous allons en donner quelques
 exemples, en indiquant rapidement la marche et le plan du livre de
 M.' Mollière.
    M. Mollière donne, en tète de son ouvrage, une définition de l'Art,
 qui peut se résumer dans cette proposition, nécessaire au développe-
 ment ultérieur delà théorie: Y Art est l'expression de l'activité hu-
 maine. Définition vraie en soi, mais incomplète ; car l'activité hu-
 maine ne s'exprime pas uniquement par l'Art ; définition incomplète
 surtout, parce qu'elle n'exprime rien du but de cette activité, ni des
 moyens par lesquels elle se manifeste.
    L'Art étant un acte, un produit de l'activité humaine, pour le con-
 naître il faudra préalablement connaître l'homme lui-même, car la
 connaissance de l'activité humaine sera en même temps la connais-
 sance des produits de celte activité. Il suffira de conclure de la cause
 à l'effet.
     Il faudrait donc, pour connaître les lois du développement de l'Art,
 pénétrer le mystère de la nature de l'homme et de sa destination pré-
  sente et future.
     C'est à ce point que M. Mollière déserte la droite roule de la lu-