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                           KT DÉMOCRATIE.                             469
 des trônes et des glaives pour ses prêtres ; ce n'est pas celle à qui ie
 domaine des intelligences ne sulîit plus pour y faire des conquêtes, et
 •lui, après avoir prononcé hypocritement le nom de liberté, se dément
 elle-même, en invoquant la protection des préfets et des gendarmes ;
 c
   e n'est pas celle qui, dans la guerre des pauvres et des riches, au
 «eu d'intervenir comme médiatrice, se met à la suite de la bourgeoisie
 voltairienne. Mais ce n'est pas non plus un Christianisme tronqué et
habillé de la main des hommes. C'est le vieux Catholicisme orthodoxe,
 avec ses symboles féconds, ses dogmes élevés et sa morale populaire ;
 c'est la. religion qui n'abrutit pas, mais qui fortifie et réhausse ; qui
 ne uie point la raison, mais qui se place au-dessus d'elle, pour la
 compléter ; qui ne détruit pas la liberté, mais qui la dirige ; c'est la
 religion qui fait fructifier l'homme dans toutes ses relations, qui,
 dans les individus , fait naître les bons sentiments et les bonnes
 œuvres, et, dans les sociétés, produit le patriotisme et le dévouement.
 Or, je dis, Monsieur, que la résolution du problême de notre avenir est
dans l'alliance de l'esprit démocratique, avec une telle doctrine spiri-
tuelle. J'ignore par combien d'épreuves il nous faudra passer ; elles
seront abrégées, je l'espère; car, au temps où nous sommes, Dieu
v
  eut que les peuples s'instruisent par le propre usage de leur liberté,
et l'enseignement va vite. Mais, lorsque la leçon de nos expériences,
de nos malheurs et de nos fautes sera descendue dans l'esprit et dans
l'âme des peuples, ce jour-là, l'humanité aura retrouvé sa voie, et elle
marchera, à pas de géant, sous les deux flambeaux du Christianisme
et de la Liberté.

      Agréez, etc.

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