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                       sun   L'IMPÔT DES ROISSOÎSS.                       381
  teur besoigneux? Lorsque, par exemple, grâce à la loi qui régit la
   v
     ente du vin en détail, la pauvreté paie plus au trésor que ne paie
   la richesse pour une même quantité devin consommée?
      VoilĂ  le vice radical des impĂ´ts indirects. VoilĂ  ce qui les rendra de
  jour en jour plus difficiles à supporter. Mais laissez venir la lumière,
   laissez faire le suffrage universel, et soyez sûrs que la justice se
   fera. En attendant-, les gouvernements devraient bien se rappeler
   'lu'on ne refuse pas un impĂ´t parce qu'il est lourd, mais parce qu'il
   est réparti sans équité. On consent à payer pour soi, mais on ne veut
   pas payer pour les autres.
      Mais, dira-t-on, les impĂ´ts indirects seront justes quand ils seront
  généralisés, et ils deviendront bons, quand ils seront justes. En thé-
   orie,c'est fort satisfaisant; mais comment les généraliser? les appliquer à
   tout ce qui s'achète est impossible. Se flgure-t-on un impôt attaché à
  tous les produits, à toutes les marchandises? Conçoit-on une adminis-
  tration chargée de le percevoir ? Généraliser les taxes indirectes, c'est
  fort bien, mais c'est généraliser les mesures vexatoires et les abus in-
  dispensables Ă  leur perception. C'est tuer l'Ă©change. Demandez Ă  l'Es-
  pagne pourquoi elle n'a pu s'accommoder de l'alcavala, qui n'Ă©tait pas
  autre chose qu'une taxe levée sur la vente de toutes les marchandises.
      Et puis, en supposant que l'on puisse rendre les impĂ´ts de consom-
  mation justes, en les généralisant, acceptables en supprimant les in-
  convénients qui les rendent odieux, ils auront toujours, aux yeux des
  économistes, un défaut très grave, celui d'être chers et d'exiger beau-
  coup de dépenses pour leur prélèvement. 11 y a une perte sèche pour
  le pays, toutes les fois que le gouvernement, quand il a besoin de
  100 millons, est obligé d'en demander 120 aux contribuables. Et les
  impĂ´ts indirects auront toujours, relativement aux autres, cette im-
  mense infériorité. Est-ce à dire que nous ayons éprouvé un grand é-
 tonnement Ă  voir la Chambre maintenir au budget des recettes le pro-
 duit de l'impĂ´t des boissons ? Nous nous y attendions depuis long-
 temps ; et, pour ĂŞtre juste envers tout le monde, nous ajoutons qu'il
 n'était guère possible à la majorité, au milieu des préjugés politiques
 régnants, dans l'état de l'opinion publique, et avec Jes embarras fi-
nanciers de la France, de voter autrement qu'elle l'a fait. 11 lui aurait
 fallu une confiance, un détach ement des erreurs passées, une fermeté
de principes qui sont trop rares aujourd'hui dans notre pays, pour
qu'on puisse les exiger de nos représentants.
      D'ailleurs,il n'y avait aucune décision intermédiaire à prendre entre
le maintien de la loi, telle qu'elle est, ou son rejet pur et simple. Si