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DKS OOMI'TOIMS NATIONAUX. 301
impossible, il fallut, comme ailleurs, suspendre pendant quelque temps
l'ordre des paiements; il y avait une nécessité impérieuse d'organiser
une banque de circulation. A Lyon, le commerce est lent à concevoir
les avantages des institutions nouvelles, et, la plupart du temps, tout
s'y organise au point de vue de l'intérêt particulier. La prévention
injuste des partis politiques refuse trop souvent de voir où est le bien
et de l'accepter sans s'inquiéter de la main qui le procure. Aussi le
Comptoir, malgré le besoin impérieux du moment, s'est tardivement
organisé ; cependant, assez tôt, pour rendre de grands services.
Ils auraient été bien plus efficaces, si un mauvais vouloir ne pesait
pas, à Lyon, sur une organisation gouvernementale, opérant au bé-
néfice de tous. A diverses époques, les intérêts particuliers des finan-
ciers empêchèrent l'établissement des Comptoirs d'escompte de la ban-
que de France, et s'ils permirent la création de la Banque départe-
mentale , c'est qu'ils restaient seuls les intermédiaires du crédit et,
par conséquent, maîtres d'en vendre chèrement les faveurs.
Par une fatalité,. conséquence de l'imprévu révolutionnaire, la
subvention de l'Etat destinée au Comptoir reçue une autre destination.
Certains capitalistes qui, dans le moment de la grande agitation, s'étaient
empressés de souscrire à la formation du capital crurent plus tard pou-
voir se refuser à l'obligation de leur engagement, et, plus d'une fois,
des insinuations fâcheuses furent répandues dans le public sur la
durée de l'existence du Comptoir pour détourner de sa correspondance.
L'analyse rapide de ses comptes-rendus prouvera que, malgré cette
guerre qui lui a été suscitée, le Comptoir a fonctionné pour la satis-
faction des intérêts généraux.
Les premières opérations ont ouvert les relations pour les encais-
s'ements des effets de province qui restaient dangereusement inutiles
dans le portefeuille des commerçants, et, peu-à -peu, il a formé une
partie du fond de roulement, au moyen d'une retenue sur les recou-
vrements.
Le chiffre de ce recouvrement, dans la première période de 1848,
qui est la plus difficile, a été de 14,665,124 f. 77 c.
Les effets proposés à l'escompte se sont ressentis de la lenteur de
[a réalisation du capital ; néanmoins, le chiffre de ceux qui ont