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DES COMPTOIRS NATIONAUX. 299
ment assez rapide. Leur abondance sur le marché en a si fortement
déprécié la valeur, qu'il y a danger pour le manufacturier ou le com-
merçant à réaliser ses produits. Cependant l'échéance des engage-
ments arrive ; par suite de la mévente, les souscripteurs n'ont pu for-
mer le capital nécessaire pour ne pas les laisser en souffrance ; leur
crédit en sera ébranlé et peut-être un sinistre va menacer la place.
Alors le Comptoir national vient en aide, en procurant le capital sur
un certificat de dépôt, aux magasins de la Douane, des marchandises
estimées par courtiers-experts. Cet avance sur nantissement permet
à l'industriel d'attendre le moment favorable, pour que ses produits
reprennent une valeur qui soit la juste rémunération de son travail.
Le certificat de dépôt devient pour le Comptoir un effet de circulation,
et, pour le déposant, un moyen facile de se procurer des fonds à un
taux d'escompte sans danger pour lui.
Comme banque de recouvrement, les Comptoirs nationaux offrent
aux commerçants une économie journalière sur la commission d'en-
caissement ; en outre, dérivant d'un établissement public, la direction
ne peut avoir d'autre ambition que d'agir dans l'intérêt général ; elle n'a
donc pas à rechercher un bénélice au-dessus de celui fixé par la loi, c'est-
à -dire l'intérêt commercial attribué aux actionnaires bailleurs de fonds.
Nous venons de dire ce que peuvent faire, en tous les temps,
les Comptoirs nationaux. Voyons maintenant ce qu'ils ont fait depuis
leur heureuse création, pendant la crise qui a pesé si gravement sur
la fortune publique. À Paris, cette institution a été acceptée par tout
le monde avec reconnaissance. Les principales maisons de banque
venaient de suspendre leurs opérations : cette suspension, jointe aux
agitations de la rue, avait jeté sur la place de Paris une perturbation
telle que chaque jour signalait de nouveaux sinistres. Le Comptoir
s'organise, il facilite les recouvrements pour un grand nombre de com-
merçants de tout ordre. Par le bienfait de ses escomptes, il a certai-
nement contribué à donner le mouvement et la vie à l'industrie pa-
risienne. Le Comptoir a escompté, de mars en août 1848, 116,48?
effets revêtus de deux signatures au moins, et arrivant à la somme
de 80,378,326 fr. 26 cent. Il a avancé, sur dépôts de marchandises:
6,924,266 fr. 42 c. ; par les Sous-Comptoirs : 5,822,994 fr. 83 c. La