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                            BIBLIOGRAPHIE LYONNAISE.                                   287
d'autre preuve de cette précipitation, bien excusable du reste, que les deux articles
suivants des statuts de ta Banque d'état :
   ART. 7. La banque émettra ses billets, moyennant un intérêt de 3 °/opar an.
   ART. H . Tout porteur de billets de banque pourra les déposer à la banque ,
qui lui en paiera l'intérêt à raison de 3 pour % .
   Or, nous ne comprenons pas ce qui resterait à la banque, dans le cas où tous les
porteurs de ses billets les rapporteraient à sa caisse, pour en retirer cet intérêt
 de 3 pour°/o, et avec quoi elle paierait ses frais, couvrirait ses risques, et servirait
l'intérêt de son encaisse métallique, ou fonds de réserve, qui doit être égal au
sixième des billets mis en circulation. La partie la plus intéressante, et, il faut le dire,
'a plus importante du livre dont nous nous occupons, est certainement celle qui con-
 cerne la réforme du commerce. II est difficile de trouver une critique plus nette, plus
précise des inconvénients, des vices, des abus qui régnent dans les diverses opérations
dont l'ensemble constitue ce que l'on appelle le commerce. Les griefs, que les pro-
ducteurs et les consommateurs ont à reprocher aux commerçants qui leur servent
d'intermédiaires, sont énumérés et expliqués avec une parfaite clarté, et s'il suffisait
seulement de connaître le mal pour y porter remède, la cure serait à moitié ac-
complie.
   Nous devons dire que l'auteur procède avec autant d'énergie contre les abus du
commerce que contre les abus du crédit. Il supprime la. fonction commerciale. Il met
à sa place une fonction publique, une agence communale. Les magasins particuliers
 seraient remplacés par un entrepôt, un bazar public, oii tous les objets à vendre
seraient portés, étiquetés, puis vendus à prix fixe et au comptant. Ces agences
communales entretiendraient entre elles des rapports continus. Elles transmet-
traient les commandes, feraient connaître les offres, tiendraient les producteurs au
courant des besoins, et préviendraient ainsi les encombrements. Pour les acheteurs
présents, elles serviraient de magasin d'exposition et de vente, pour les consom-
mateurs éloignés, de maison de commission. Les diverses parties de cette organi-
sation, qui a pour but de mettre le consommateur en rapport direct avec le produc-
teur, sont traitées avec beaucoup d'habileté et une prévoyance très-ingénieuse. Il
est impossible de ne pas être séduit par les avantages qui y paraissent attachés au
premier abord, et l'on est étonné qu'un mécanisme qui joint une amélioration si
grande à tant de simplicité, ait tardé si longtemps à fonctionner.
    Il ne faut pas croire cependant que rien n'ait été essayé dans cette voie. L'auteur
signale plusieurs tentatives qui ont réussi, et qui étaient toutes provoquées par ce
 besoin de s'affranchir du joug des intermédiaires et des spéculateurs. C'est que, en
 effet, un véritable progrès est à faire dans ce sens. La tendance des choses et
 des esprits nous pousse dans cette direction. La fonction commerciale fait payer ses
services un peu cher. Il serait, dans plusieurs cas, avantageux et possible de la
remplacer par des agents moins intéressés et moins coûteux.
   Mais il ne faut pas s'attefldre à un changement complet dans le système des é-
changes, encore moins à quelque modification subite dans les habitudes des ven-
deurs et des acheteurs. Des difficultés matérielles et morales s'y opposent. Il y a
tels produits qu'il serait impossible de voiturcr et de disposer dans le? agences com-