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710 QU'EST-CE QUE LE MAGNÉTISME?
un bain à 28". — Enfin, à dix heures, je devrais la magnétiser, afin de
recevoir d'elle' les indications nécessaires pour le reste de la nuit. —
Vers la lin de la semaine, quoique personne ne lui eût rien dit, elle fut
assaillie de pressentiments sinistres. — 11 doit nous arriver quelque
chose ; lorsque tu n'es pas là , j'ai peur... Je veux aller me confesser.—
Aujourd'hui? — Aujourd'hui même. — Pourquoi ? — Eh ! mon Dieu,
ne me le demande pas, car je ne te répondrai pas mieux sur cela que
sur le reste. — Ce subit désir me bouleversa l'esprit... — et moi îiussi
•
je fus tenté de voir un instant, dans ces pressentiments, de muettes
révélations de la divinité. —Le lendemain, ma femme est triste et
abattue, je cherche en vain à la distraire et à faire diversion à mes
idées, par un déjeuner que je donne à mes amis. — Le 4 au matin,
elle prétend que c'est du sang qui doit remonter et l'étouffer, si la
glace n'y met obstacle. — Dans l'après-midi, douleur de poitrine,—
céphalalgie violente : — à sept heures, elle se sent défaillir,— à sept
heures et demie, application des deux sangsues sur le cœur. — A huit
heures moins cinq minutes, cinq amis ou médecins entrent dans sa
chambre, elle ne les voit plus, elle parait être en syncope ; — huit
heures sonnent, elle commence à s'émouvoir. —
Ici commence pour moi, dit toujours M. Teste, une de ces horribles
scènes qui font époque dans la vie d'un homme. Ses doigts, ses mains,
ses bras, ses jambes et son tronc s'agitent et se tordent ; soupirs, cris
étouffés, cris déchirants, puis affaissement profond. —
Neuf heures !! et elle m'a dit que si, Ã neuf heures, elle ne parlai!
pas, tout serait fini. — C'est donc son agonie!....—Cette femme se
meurt, crie un des médecins, et vous ne lui faites rien ! — Mais elle ne
s'est rien prescrit de plus, dit M. Teste. — Vous aurez à répondre de la
mort d'une femme ! et le docteur Amédée Latour, car c'était lui, sortit
indigné. — Frappart continuait tranquillement la lecture de son jour-
nal ; — je n'en pouvais plus. —Je la voyais mourir. — Est-il l'heure,
Frappart ? — H y a encore dix minutes. — A dix heures, on la remet
au lit, je la magnétise, elle me dit d'une voix si faible que j'ai peine Ã
l'entendre : Je suis bien malade ! — De la moutarde aux jambes et aux
pieds, — de la glace toute la nuit : — laisse-moi dormir un quart
d'heure. — A onze heures, le pouls est fort et régulier, mais il n'y a
toujours point de connaissance. A minuit, je la magnétise.—Com-
ment te trouves-tu ? toujours bien mal, j'étouffe. — Je vais donc te
quitter, continue-t-elle douloureusement. — Seras-tu encore long-
temps sans connaissance? — Oui. — Quand donc, éveillée, pourras-tu