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                          CHRONIQUE POLITIQUE.                          ;>5;>
      Aussi , nous pouvons dire de la brochure de M. Quinet, quelle est
 u
    » peu l'état de siège vu à la lueur des flammes de Bengale. Il y a non
  Pas exagération des faits , M. Quinet n'en cite qu'un très-petit nom-
  bre , mais exagération dans le ton général du tableau ; le tableau est
  d'ailleurs placé dans des conditions spéciales de terrain et d'optique
  Pour ainsi dire. L'artiste se retrouve toujours sous le politique.
  M- Quinet n'a choisi qu'un site pour peindre l'état de siège, les ma-
  rais die la Dombe. C'est comme une lugubre étude de paysage où
 ' homme apparaît à peine.- ça et là, un fiévreux frissonnant sur un sil-
 '°n, ou grelottant sur la douve du marais ; plus loin, des soldats bat-
  tant les bui ssons. Voilà-tout le tableau!
    _ M. Quinet a été naturellement, et malgré lui, amené à s'occuper
 hien plus de la question du dessèchement de3 étangs de la Bresse que
 y e l'état de siège, et, cette question, il l'a traitée en termes amers ,
 "Titants, et toutefois sans l'approfondir et la résoudre ; nous sommes
 e
   n principe pour le dessèchement des étangs, mais nous lui reproche-
 r
   °ns , dans une telle discussion, de comparer les propriétaires de la
 Presse aux Romains qui nourrissaient leurs murènes de chair hu-
 Waine ; dire que, dans cette contrée, les hommes ont disparu pour
 cn
    graisser les viviers des grands tenanciers nous semble une regret-
 table hyperbole. La politique exige un langage plus circonspect et
 Plus précis. Ce n'est pas aux hommes d'étude et de science comme
 M- Quinet, qu'il doit convenir d'envenimer les questions pendantes
 entre le prolétariat et la bourgeoisie. Notre devoir, à t o u s , est de
 chercher des solutions conciliatrices. Les passions politiques sont
assez surexcitées comme cela; quelles que soient les vicissitudes et les
épreuves que l'avenir nous réserve, n'abandonnons aucune des idées
de liberté, de justice et d'égalité que nos pères nous ont léguées,
1T1
     ais tâchons de mener à bien leur œuvre, pour le bonheur de tous ,
 n
   ° n par la guerre et la force, mais parla raison et la pacifique victoire.
     Lorsqu'on a lu l'opuscule de M. Quinet, on comprend sans peine
lu'il n'ait pu réussir, comme orateur, à conserver à la tribune natio-
n
  ale la place éminente que lui promettaient ses travaux d'écrivain. On
a
    la clef de ses défaites ; ce n'est pas la chaleur qui lui manque , ni la
Parole facile et colorée, nous l'avons entendu à Lyon; l'éloquent phi-
'°sophe faisait déjà présager le tribun ; mais il y a chez M. Quinet une
répugnance invincible à s'appuyer sur les faits, le mépris du contin-
rent, le dégoût des réalités. Or, une assemblée délibérante s'accom-
mode mal des idées générales. M. Guizot, il est vrai, triomphait par
ce
     côté ; personne mieux que lui ne s'entendait à manier les abstrac-