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446 CHRONIQUE LOCALE. sitbire, et surtout on s'étudie à le faire croire ; on s'écrie que les forces de la France s'énervent dans celte situation précaire : on ne veut à aucun prix prendre la Constitution au sérieux, et cependant nul parti n'ose se porter héritier direct et im- médiat de la République. C'est aux événements qu'on prétend s'en rapporter, c'est le hasard qui décidera ! singulière abdication de la volonté et des convictions ! "Vous avez, à Lyon, trois journaux appartenant à des opinions différentes, séparés par leur passé, distincts par leurs tendances. Leur langage est pourtant, à peu de chose près, identique. Tel jour la Gazette de Lyon vous semblera aussi sincèrement napoléonienne que le Saltil Public ou le Courrier, et tel jour le Courrier ne se dis- tinguera en rien des opinions légitimistes. L'immense et perpétuelle préoccupation des directeurs de la pensée publique ou, pour parler plus exactement, de ses servi- teurs, est de se tenir à l'embranchement de tous les chemins qui peuvent mener hors de la République. Cette dissimulation politique est peu glorieuse, et à supposer même que la victoire appartînt un jour à ceux qui l'érigent en système, elle paralyserait entre leurs mains tous les profits de leur victoire, et en rendrait peut-être l'usage impossible. L'opinion napoléonienne qui est, à proprement parler, sans parti, est pourtant celle qui se fait jour avec le plus d'audace. D'hommes vraiment dévoués à l'idée impérialiste et ayant foi à cette idée,à sa valeur,» son avenir, il n'y en apas. Elle ne s'appuye que sur certaines rancunes qui sont pressées d'en finir avec la République, et à qui l'ostracisme de tout républicain, quelle que soit sa date ou sa nuance, ne suffit pas; elle s'appuye aussi sur les ambitions faméliques, auxquels le spectacle de nos révolutions a enseigné que tout pouvoir nouveau a son jour de largesse, et que, pour en avoir sa part, la grande affaire est de se lever malin. L'opinion napoléonienne a essayé ici une manifestation sans importance, mais qui « si elle eût réussi, aurait pris, dans l'imagination des intéressés, les proportions d'un grand événement. Nous voulons parler de la souscription en faveur d'une statue équestre de Napoléon, — i l s'agit de l'oncle,— destinée à être élevée dans le quar- tier de Perrache. Certes, nous ne voulons pas dire que les promoteurs de cette souscription aient eu autre chose en vue que l'embellissement d'un quartier de notre ville ; non , cette statue n'est pas une lourde réclame en bronze , nous le croyons sans peine. Toutefois , est-il injuste de penser que, sans le vouloir sans doute, les entrepreneurs de celte souscription servaient l'idée impérialiste , et que ce cheval cache dans ses lianes quelque chose qui n'est pas précisément l'amour et la défense de la République. Nous ignorons si la souscription a été fructueuse et si le peuple et l'armée, comme dit l'affiche, ont spontanément répondu à l'appel qui leur était fait; nous avons quelque raison d'en douter. Ou n'a pas reculé devant la souscription à domicile,