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1592 REVUE RÉTROSPECTIVE
ils sont communs à tous deux. Eh bien! les choléras actuellement ré-
pandus dans les contrées que j'ai citées ne sont autre chose que des
cas plus ou moins multipliés de choléra indigène, revêtus de quelques
symptômes du choléra épidémique (Gazette médicale de Paris).
La même chose a été remarquée à Lyon, à l'époque où le choléra
sévissait à Marseille et à Toulon avee le plus d'intensité : les cholérines
graves ont été fréquentes dans notre ville, durant les mois d'août et de
septembre. Tous les praticiens qui les ont observées, ont été frappés
de leur appareil symptĂ´matique plus redoutable, de leur physionomie
à laquelle le choléra épidémique semblait imprimer un cachet parti-
culier. Ces affections sortaient incontestablement du caractère habi-
tuel des constitutions médicales des saisons. Il nou9 a été donné d'ob-
server, réunis chez une malade, une fille, blanchisseuse, âgée de 28
ans, demeurant à la Guillotière, les symptômes les plus graves du
choléra asiatique ; rien n'y manqnait : diarrhée riziforme,précédant de
trois jours l'invasion de la cholérine ; cyanose générale, comparable
à la teinte que dépose sur la peau, une blousé bleue ; absence com-
plète du pouls et des bruits du cœur ; crampes avec rétraction des
membres; anxiété précordiale, suppression des urines, vomissements
et déjections fréquemment répétés et caractéristiques. En présence de
cette scène morbide, à laquelle nous assistâmes le 17 septembre, nous
fûmes douloureusement impressionné ; reconnaissant là , trait pour
trait, l'empreinte delà terrible épidémie observée par nous, en 1835,
dans quelques localités du midi. Nous pensâmes un instant quele cho-
léra avait franchi nos barrières ; mais la convalescence de cette malade
et surtout la non succession multipliée de cas identiques les jours sui-
vants, nous rassurèrent complètement. Nous n'avions eu, là , qu'une
cholérine très-grave, à laquelle la constitution cholériforme, régnant
en France, n'était point étrangère (1).
A la suite de ce fait, une coïncidence singulière eut lieu, et nous
crûmes qu'il était de notre devoir de prévenir l'autorité pour qu'elle
avisât à l'exécution de certaines mesures d'assainissement des loca-
.lités. Deux jours après notre première visite à la malade, nous fûmes
appelé en toute hâte auprès de" la maîtresse blanchisseuse (Mme Ber-
choux ), qui habitait le même appartement que son ouvrière. Elle se
trouvait également atteinte de cholérine ; diarrhée séreuse, vomisse-
ments, crampes, réfrigération générale ; cyanose légère, seulement aux
(J) Nous ignorions alors la première invasion du choléra à l'Hôpital militaire,
comme nous le venons plus loin.