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                        DE L'INSTITUTION DU JUGE.                       203
       Paris et Ménélas, dans la guerre de Troie, doivent vider leur que-
    lle privée dans un combat singulier, et la guerre ne continue que
  parce que la lutte demeure sans résultat.
      Les Ombriens, peuplade du Latium, d'après un ancien auteur cité
  Par Stobée, lorsqu'ils avaient entr'eux des procès, vidaient leurs diffé-
  rends les armes à la main, et croyaient avoir pour eux le bon droit,
  Quand ils réussissaient à vaincre leur adversaire (1).
  , La société du moyen-âge présente également tous les traits d'une
   P°que héroïque. La force , la violence, la crédulité superstitieuse
   or
     roent aussi le caractère de cette civilisation dans l'enfance.
      On croit à l'intervention directe de la divinité, en faveur de l'inno-
   ent
         contre le coupable. Le duel, l'épreuve, le serment sont des moyens
 «éprouver la vérité, et l'on voitle juge soutenir sa sentence l'épée à la
 main.
      " Le juge doit siéger à jeun (Miroir de Saxe). Son attitude doit être
 " 8rave, mais terrible, menaçante pour le méchant. — Que le juge soit
     as
        sis sur son siège, comme le lion en courroux ; et, s'il ne peut as-
     seoir un jugement sain sur l'affaire, qu'il y réfléchisse cent vingt-
 " troisfois(2). »
    Souvent, comme symbole du pouvoir du tribunal, on plaçait sur un
 ûancun gantelet de fer, une épée, une corde, des ciseaux, un marteau,
 u
   ûe hache (Grimm).
 . On sait que le combat judiciaire a été très-répandu dans le moyen-
ne ; c'était la voie principale par laquelle on jugeait les affaires civiles
. criminelles. Nos vieilles chroniques décrivent souvent des combats
judiciaires, dans lesquels le bon droit est toujours vainqueur. Il en est
^e même dans les ordalies du clergé ; l'innocence, la justice sortent
 Compilantes de toutes les épreuves du feu, de l'eau bouillante, et de
jtot d'autres, où la naïve croyance de nos pères voyait le jugement de
°ieu.
    De nos jours encore, malgré les efforts d'une jurisprudence basée
SUr
      l'équité, le duel, dernier vestige du combat judiciaire, reste dans
n
  °s mœurs comme une trace du droit barbare de la force.
    De même que, dans nos forêts, les débris des Dolmen, des Menhirs
e
  ' des Cromlecks attestent une religion, que le polythéisme romain et
 e
    christianisme ont couvert de leurs croyances successives.


  (•) Orioli.
      Antiquités du droit allemand de Grimm, cilées par Michelet.