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164 CHRONIQUE MUSICALE.
à soulever sa robe avant de s'asseoir, la prenait, dit-on, chaque soir, si exactement
à la même place, qu'avant la fin des représentations, il fallut changer ce petit coin
de satin qui se trouvait /hors de service. N'en serait-il pas un peu aussi du chant at
notre gentille artiste ? Le public a semblé le remarquer surtout dans la Part <*"
Diable. La phrase mélodieuse : Ferme ta paupière y revient, comme on sait, trou
fois et trois fois dans des situations toutes différentes. Eh bien! qu'elle soit un soupir de
la piété filiale, ou un appel déchirant fait par le désespoir à la clémence suprême»
ou la timide prière de l'innocence, M11" Lavoye n'y change ni un accent, ni u«e
nuance, ni un mouvement. C'est la perfection, je le veux bien, mais c'est toujoni*
la même perfection.
La défectuosité que nous signalons est un vice radical ou une imperfection insi-
gnifiante, selon le caractère de celle à qui elle s'adresse. Nous ne connaissons point
assez M lle Lavoye pour pouvoir dire ce qu'il en sera ; mais,de toute manière, nous
ne risquons, du moins,pas de l'avoir blessée par utilité en lui indiquant un défaut,
car elle en sera corrigée dès l'instant même qu'elle l'aura compris.
DD.
LÉON BoiTEr., gérant.