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          DANS LES UNIVERSITÉS DE L'ALLEMAGNE.               33

une séparation trop tranchée des forces auxquelles nous rap-
portons les séries diverses des phénomènes psychologiques.
Gomme les propriétés elles-mêmes de l'esprit n'existent pas
pour lui, il ne pouvait se contenter de prémunir contre l'er-
reur de ceux qui semblent prêter une réalité individuelle à
des abstractions destinées à faciliter l'étude de Paine. 11 va
jusqu'à prétendre que la théorie des facultés de la monade
spirituelle ne contient aucun élément de vérité; que la doc-
trine des diverses puissances de Pâme est une hypothèse nui-
sible; que les idées qui ont régné à ce sujet depuis Aristole
jusqu'à Kant sont complètement erronées. C'est là qu'est
l'exagération de Drobisch. Si quelquefois on a trop séparé les
 facultés de l'esprit l'une de l'autre, ce n'est pas une raison
 pour les identifier aujourd'hui. On a eu tort naguère de leur
 prêter une substantialité qu'elles n'ont pas ; il importe main-
 tenant de ne pas les confondre, encore moins de les proclamer
 nulles, car ce serait renoncer à la classification de l'immen-*
 site des phénomènes qui se rattachent à l'unité psycholo-
 gique.
   La prétention la plus étrange de Drobisch, prétention
contre laquelle nous ne saunons trop nous élever, et qui,
quoiqu'elle soit, pour ainsi dire, la conséquence de la pré-
cédente, mérite néanmoins d'être signalée à part et d'être
combattue avec force, c'est la réduction de tous les phéno-
mènes internes à un seul : la pensée. Pour Drobisch, la fa-
culté de sentir et celle de vouloir n'existent pas; selon lui, il
n'y a, à proprement parler, dans Pâme, que des notions,
des perceptions, des idées. A ses yeux tout s'explique par là ;
les résultats si multiples de l'analyse de la conscience sont
 compris dans la seule catégorie des phénomènes intellectuels.
 Il y a bien en nous (Drobisch, lui-même, ne saurait se refu-
 ser à l'évidence du fait) un triple développement qu'on peut
 résumer par les trois mots de sentir, penser et vouloir; il est
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