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'iSfi ES0U1SSK DUNE ANALOGIE chaque jour davantage, en môme temps que les liens pure- ment physiologiques perdent graduellement de leur caractère de nécessité et d'intimité. Bientôt le lait maternel est une nourriture insuffisante. Les organes digestifs sont assez forte- ment constitués pour élaborer des aliments d'une assimila- tion plus difficile ; il faut sevrer l'enfant, et dès lors, au point de vue de sa conservation, l'intervention de la mère, quoique utile encore, n'est plus incessante ; elle va se restreindre de jour en jour, et finira par perdre toute son importance. Mais à mesure que ce lien, d'abord indispensable, puis utile seu- lement à la vie inférieure, à la vie végétative de l'enfant, va se relâcher, les rapports moraux vont grandir. A l'amour de la mère si longtemps ignoré, à ses tendres baisers sans r é - compense vont répondre les douces caresses d'une amitié pleine de charme et de grâce. Désormais c'est un lien affec- tueux, déjà cimenté par l'habitude, entre deux êtres qui pour- raient, pour leur vie physiologique, se passer l'un de l'autre. Ces nœuds se resserreront encore lorsque, vers la fin de l'en- fance, l'intelligence aura fait comprendre dans toute son étendue le dévouement maternel. Enfin, lorsque, dans l'ado- lescence, l'essor de la puberté et la révélation d'un premier amour nous ont initiés au mystère de notre origine, jusqu'a- iors resté impénétrable a notre entendement, nous compre- nons le tendre intérêt, la sublime abnégation dont nous avons été l'objet de la part des auteurs de nos jours, et notre affection pour eux, désormais affranchie des impulsions de l'instinct égoïste de la conservation, obéissant au penchant familial que la nature a placé dans notre cœur, va prendre un dernier point d'appui dans notre raison définitivement éclairée. Tel est l'enfant dans ses rapports avec la puissance qui lui a donné et conservé la vie, telle est l'Humanité dans ses rap- ports avec l'être supérieur qui l'a créée. Pouvait-elle se passer