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416                    LA REVUE LYONNAISE
quelques beaux mystères, moralités, ystoires et joyeusetés, le tout
revenant à l'amour, gré et plaisir du Roy et Seigneurs de son
 rang. » Jehan Perréal fut chargé spécialement de l'exécution d'un
lion, au pied du rocher de Pierre-Scise, et d'un saint Michel
terrassant le démon, vers l'église Saint Eloy. On lui commanda,
en outre, un autre lion sur une pile du pont de la Saône, les armes
de France sur la porte du Bourg-Neuf, et mêmeil fut priéde donner
 son avis sur la construction du couvent de l'Observance. (V. re-
 gist. consul.)
    Lors de la deuxième entrée de Charles VIII à Lyon, le Consulat1
demanda encore à Jean Perréal le modèle « d'un beau lion d'or
assis sur ses fesses, et tenant de ses deux pattes de devant une belle
coupe d'or, à la façon ancienne ». (Reg. cons.) Du reste, l'orfè-
vrerie lyonnaise était très prisée depuis bien des années, et voici ce
que rapporte, à cet égard, M. Pariset, dans son excellent livre
des Beaux-Arts à Lyon. (Lyon, 1873, p. 19.) « Nierait-on la
renommée de l'orfèvrerie lyonnaise, parce que l'on n'a pas sous
les yeux les témoignages de l'habileté des orfèvres antérieurs à la
fin du quinzième siècle2? N'est-ce pas la haute estime en laquelle
était tenue l'orfèvrerie lyonnaise qui fit choisir de la vaisselle dorée
pour composer le présent offert par la ville à Charles VI, en 1389,
puis celui offert à Charles VII, en 1434, et qui décida le dauphin,
plus tard Louis XI, à prendre pour valet de chambre et premier
orfèvre le lyonnais Antoine Leydier? Ne lit-on pas, dans les
Archives de la Chambre des Comptes de Blois, qu'en 1389, un
orfèvre lyonnais, a fait des boucles d'or pour le duc de Touraine,

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     Les registres consulaires contiennent les plus précieux documents sur les objets
d'art de tout genre commandés par la ville à nos artistes pour être offerts en présents
à toute espèce de personnages. Je regretle de ne pouvoir citer ici tous les objets, ni
leurs auleurs, ni les noms de tous ceux auxquels ils put été offerts, mais on peut
consulter à cet égard, avec beaucoup de fruit et d'intérêt l'excellent livre sur les
Beaux-Arts      à Lyon, publié-en 1873, par M". Pariset. M. Natal is Rondot nous pro-
met aussi une savante élude sur les artistes des quinzième et seizième siècles.
  Dès 1389, il éîait dans l'usage du Consulat de Lyon d'offrir des présents en orfè-
vrerie aux rois de France lors de leur entrée à Lyon. Le l(i octobre de cette année,
la ville offrit à Charles VI, « à la sortie de la messe, six pois et six douzaines de
coupes 1res bien dorés et émaillés aux armes du roy. »
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    Je ne parle pas dans cet ouvrage de l'aucienue orfèvrerie des églises de Lyon.
Je me réserve de le fai-e dans une publication spéciale rpii a pour titre: Trésors
des églises de Lyon.