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362 ; LA R E V U E LlYONNAISE juger par la nature de leurs travaux ou le chiffre de leurs con- tributions, paraissent ou avoir été maîtres ou avoir été plus que des compagnons proprement dits. Ce nombre est, relativement grand : on a l'explication de ce fait. La commune de Lyon, aussitôt qu'elle, eut été constituée, re - garda comme son premier devoir de mettre en état de défense la ville qui était mal fortifiée. Un état de guerre, pour ainsi dire per- manent, rendait ces travaux, nécessaires. La situation et les réso- lutions prises pour y porter remède sont "exposées dans une ordon- nance de JeandeGrolée, bailli de Mà con, faisant fonctions de sénéchal de Lyon, du 3 décembre 1358 '. On s'était déjà mis à l'œuvre en 1356, et ce n'est qu'en 1378 que l'enceinte fut achevée. On peut se faire une idée de l'ensemble des fortifications en consultant la' Reôognisanci de les ouvres (ouvrages de défense), faite en 13782. L'exécution de cette grande entreprise fut confiée au maître de l'œuvre de l'église Saint-Jean, Jean de Remacin, et à Guillaume Marsat, maître maçon et tailleur de pierre. Les conventions furent signées le 30 janvier 1359. Les dépenses s'élevèrent à 38.707 francs d'or, qui représentent un peu plus de trois millions de notre mon- naie 3 . Les travaux des fortifications, poursuivis pendant vingt ans, occupèrent de nombreux maçons, et, dans le même temps, la con- struction de l'église Saint-Jean était continuée sans interruption. Neuf maîtres de l'œuvre l'ont dirigée pendant le quatorzième siècle 4. Jacques de Beaujeu avait terminé, le l ep novembre 1392, la rose placée au-dessus du grand portail. Enfin plusieurs maîtres maçons relevèrent ou réparèrent les ponts sur le Rhône et la Saône. Un des ponts sur la Saône était alors couvert de maisons : un maçon, Jean Gautier, et un peintre, r Jean Evrart, y avaient leurs ateliers. * Archives de Lyon, CG 189. 8 Archives de Lyon, CG 191. 3 Nous avons fait la conversion en prenant pour bases les évaluations de M. Natalis de Wailly et de Leber. 4 On connaît trois maîtres de l'oeuvre plus anciens : Robert (1147), Gautier (1270) et Jean Richard (1292). Tous les maîtres de l'œuvre n'étaient pas des maîtres maçons.