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386                  LA REVUE LYONNAISE
    La première femme épousée, qu'on appelle la femme aînée, a.
la prééminence sur les autres. On admet que la première union
 est contractée pour accomplir un devoir, les autres, pour satisfaire
 un désir. Suivant la jurisprudence la plus suivie, c'est la femme
aînée qui, le cas échéant, succède à son mari, à la charge de pourvoir
aux besoins des autres veuves qui héritent à leur tour, si la première
vient à décéder, ou si, de son vivant, elle vient à perdre sa caste ou
se rend autrement indigne. Quelques jurisconsultes, au contraire,
reconnaissent à toutes les veuves un droit égal et concomitant.
   Les époux se succèdent réciproquement. La femme est héritière
légale des biens de son mari, s'il ne laisse ni enfants mâles ni
descendants d'enfants mâles. Une doctr.ine veut que si le mari est
mort après les fiançailles et avant la consommation du mariage, la
veuve n'ait droit qu'à l'entretien, d'autres lui accordent le? mêmes
 droits que si le mariage eût été consommé.
    La femme mariée peut avoir des biens propres, en dépit de la
 maxime qui dit qu'elle n'a rien à elle. Ces biens propres s'appellent
stridahana, de stri, femelle, et dhana, bien. Ils comprennent
entre autres : ce qui lui est donné en présence du feu nuptial par
ses parents ou ceux de son mari ; ce qui lui est donné, quand elle
est conduite chez son mari ; ce qui lui est donné par son mari ou
ses parents en témoignage d'affection ; ce qui lui est donné par son
père, sa mère ou son frère; tout ce qui lui est donné à l'occasion
de son mariage ; ce qu'elle peut acquérir par succession, etc.
   Le mari a le droit d'aliéner ces biens, mais seulement en certains
cas d'urgence, tels que famine,, maladie grave, emprisonnement
pour dettes, accomplissement de certains devoirs religieux for-
mellement prescrits.
   Les créanciers personnels du mari ne pourraient les saisir, à
moins de justifier que leur débiteur a détourné une partie de son
actif au profit de sa femme, postérieurement à l'obligation et agi
ainsi en fraude de. leurs droits. Ce genre de fraude est d'ailleurs
très fréquent dans l'Inde.
   Toutes les dispositions de notre Code, relatives à l'autorisation
maritale s'appliquent aux femmes indiennes; veuves, elles sont
tenues de se faire autoriser par le plus proche parent de leur mari
défunt ou par justice.