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L E S C H A M B R E S DE M E R V E I L L E S 415 Mémoires de Commines (t. XII. p. 497) : « Certain temps après, le Roy eut propos d'aller à Lyon et y mena la royne et toujours Monseigneur d'Orléans en leur compagnie (1494). Audit Lyon se commencèrent à faire de merveilleuses chères, car, pour le temps, ceux de la ville, dames et aultres, se mettoient sur le hault bout, car il leur êtoit tout de nouveau de voir grande seigneurie ; mais depuis, il s'y sont bien appris l. En la saison que le Roy fut pre- mièrement à Lyon, ilpouvoit avoir24 à 25 ans, etavoit avec lui un nombre de jeunes gentilshommes, tous pleins de bonne volonté, lesquels ne desiroient que s*employer en toutes choses plaisantes et agréables ainsi que jeunesse désire 11 se fit, durant ce temps, à Lyon, plus largement, joutes, tournois, combats à la barrière et autres entreprises d'armes à plaisance qu'il ne s'estoit fait au- paravant, car là les chevaliers de la queste trouvoient les plus belles et bonnes aventures selon qu'ils desiroient. » L'art ne perdit rien à .ces fêtes, et il fut appelé à en rehausser aussi l'éclat. Du reste, Lyon avait déjà alors des artistes de renom, et, lors de la première entrée de Charles VIII, le Consulat chargea des préparatifs de cette cérémonie, entre autres, Jehan de Paris (Claude. Perréal) 8 , Claude Dalmet et Clément Trie 3. « Il leur prescrivit de trouver gnificence des vêlements et des tentures dépassa tout ce que les conteurs orientaux ont imaginé. (Voir l'ouvrage de M. V. de Valous sur Etienne Turquet et les ori- gines de la fabrication lyonnaise, Lyon, 1868, p. 28.). 1 Commines ignorait sans doute que, depuis longtemps déjà , les dames de Lyon aimaient le plaisir, car on lit dans les Origines du théâtre de Lyon, par M. Brou- choud, « que l'esprit éveillé de la jeunesse trouvant trop fades les récits bibliques, les clercs de la Basoche dressèrent des tréteaux, le 25 mai 1427, pour bafouer les ridi- cules du temps. Ils dirigèrent leurs premiers traits satiriques contre les dames lyon- naises dont les prédications du dominicain Vincent Perrier et du carme Thomas Connède avaient mis en relief et stygmatisé le goût du luxe et des plaisirs, associé aux pratiques de la plus extravagante humilité. » 2 Perréal, Jean, peintre de la ville de Lyon, valet de chambre du roi, a joui d'une grande considération, soit comme artiste, soit comme ami et protecteur des gens de lettres pour lesquels il ne cessa d'employer le crédit qu'il avait à la cour. (Voir sur1 ce grand artiste l'ouvrage de M. Léon Charvet sous le titre : Jehan Perréal, Clé- ment Trie et Edouard Grand, Lyon, 1874 ) 3 Au mois de mai 1497; Clément Trie, qui remplissait les fonctions de voyer de la ville fut chargé d'organiser sous les ordres du prévôt de la maison du roi Charles VIII le tournoi qui eut lieu dans la rue Grenelle. Il présida aussi aux pré- paratifs des fêtes et visites de ce gouverneur, le 7 mais 14ï9, pour l'entrée du roi, le 19 juin"1493, pour la visite du couvent des Deux-Amants, le 15 mars 1494, pour l'entrée d'Anne de Bretagne, et l'entrée de Louis XII, le 10 juillet 1499. (Voir regist. consul, arch. de la ville.)