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          NOUVEAUX SOUVENIRS DE PONDIGHERY                     387
   L'usage plutôt qu'une loi précise interdit aux veuves de se
remarier, mais cet usage est rigoureusement suivi, et c'est là une
cause grave de désordres. Dans les conditions où se font les ma-
riages indiens, il arrive souvent qu'une jeune fille à peine nubile
porte le deuil d'un vieil époux qu'elle n'a pu ni connaître ni
surtout aimer. L'usage la condamne à se raser la tête, à se dé-
pouiller de ses bijoux et à garder toute sa vie un célibat rigou-
reux, mais ce serait tenir bien peu de compte des passions humaines
que de croire à.la possibilité d'un pareil héroïsme.
   Sur l'accomplissement des devoirs conjugaux, j'ai trouvé diffé-
rents textes curieux.
   Manou mentionne pour le cas où le mariage est stérile une
ancienne coutume qui, je m'empresse de le dire, est tombée en
désuétude.
   « Lorsqu'on n'a pas d'enfants, la progéniture que l'on désire
peut être obtenue par l'union de l'épouse convenablement auto-
risée, avec un frère ou un autre parent Sapinda.
   « Arrosé de beurre liquide et gardant le silence, que le parent
chargé de cet office, en s'approchant pendant la nuit,engendre
un seul fils, mais jamais un second. »
   Un passage du Maha-Bharata tendrait à prouver que les
Indiens des temps primitifs poussaient la complaisance envers
leurs hôtes aussi loin que certains sauvages des îles océaniennes.
   En voici la traduction abrégée :
   Un Brahmane sur le point de partir en pèlerinage avait, entre
autres choses, recommandé à sa femme de ne rien refuser à ceux
qui se présenteraient pendant son absence pour demander l'aumône
ou l'hospitalité. Après le départ du mari, survint un Brahme
mendiant qui, non content d'être bien logé et bien nourri par la
femme, lui demanda encore de lui accorder ses faveurs. Celle-ci,
partagée entre le désir de rester fidèle à son mari et celui
d'exécuter ponctuellement ses ordres demeura longtemps perplexe.
Elle céda enfin, et le mendiant jouissait d'elle, quand le mari
survint et les surprit. « Ne faites aucun reproche à votre femme,
lui dit le mendiant, vous lui avez prescrit de ne rien refuser aux
hôtes, et elle a exécuté vos ordres. » Le mari convaincu se mit à
 réciter, en guise de consolation, tout un hymne des Védas. A ce