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252                 LA REVUE LYONNAISE
les tribunaux séculiers. Cet évêque ne peut être que Moduin, évêque
d'Autun, contre lequel Florus a dirigé dans une poésie latine des
accusations absolument identiques, sauf la forme versifiée : ce qui
établit à la fois l'authenticité de ce commentaire aux prétentions
purement juridiques et démontre que Florus en est bien l'auteur.
   Moduin, évêque d'Autun, était un clerc de l'église de Lyon ; il
avait été abbé de Saint-Georges. Une charte de Louis-le-Débonnaire
nous le montre évêque d'Autun en 815. Un autre document daté
de 843 nous donne le nom de son successeur. C'est donc à la pre-
mière partie du règne de Louis-le-Débonnaire qu'il faut rapporter
son épiscopat. On sait qu'il intervint auprès de l'empereur en
faveur de l'évêque d'Orléans Theodulfe, impliqué dans la révolte
de Bernard. D'autres textes nous attestent l'importance et l'in-
fluence de ce prélat. De 835 à 837, Moduin, en sa qualité de premier
suffragant de la province de Lyon, dut administrer le diocèse
pendant l'exil de l'archevêque Agobard. Toutefois M. Caillemer
pense que ce n'est point comme premier suffragant, mais comme
missus dominicus que Moduin vint à Lyon et appliqua l'édit
rendu en 1614 par Clotaire II, édit qui, dans les procès civils, lors
même que les clercs étaient impliqués dans l'action, réservait
le jugement aux tribunaux séculiers. C'est cette pratique de
Moduin que Florus dénonce avec une violence extrême, comme
contraire a.ux constitutions impériales dont il donne les textes.
L'examen de ces textes et les accusations mêmes de Florus
prouvent, au contraire, que Moduin observait l'édit de Clotaire, et
que si, en matière criminelle seulement, sa conduite pouvait sou-
lever quelques objections au point de vue juridique, il avait ce-
pendantpour lui des autorités considérables, et que rien ne justifiait
de pareilles accusations. Les textes ne sont d'ailleurs pas cités
exactement. En alléguant une constitution du 5 mai 331, il oublie
de dire qu'une autre constitution de décembre 408 l'a abrogée. Il
cite aussi fort inexactement une constitution de 384 et en tire
une conclusion absolument contraire au texte réel. M. Caillemer
rappelle, en terminant, de nombreux exemples de falsifications
 semblables, dont, au moyen âge, les controverses théologiques et
politiques ne fournissent que trop d'exemples.
   Ces dernières assertions ont donné lieu, après la lecture, à une