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            L'ANCIEN HOTEL-DIEU DE VILLEFRANGHE                                 191
 aux réparations les plus pressantes une somme de 80 livres, pro-
 venant d'un legs de feu M. Claude Bourbon.
    En 1624, par suite des mauvaises récoltes, une grande misère
 règne dans la ville et dans tout le pays. Les secours ordinaires
 sont insuffisants pour nourrir le nombre croissant des pauvres
 que ne peut contenir l'hôpital. La Charité, que l'on a vue établie
 en 1456, avait disparu dans le long désordre des guerres civiles,
 il était urgent de la rétablir.
    Dans l'assemblée du 6 avril 1625,

   « Il est représenté à la dicte assemblée, par les sieurs eschevins, que, le
6 avril de l'année dernière, pour empescher la mendicité des pauvres, tant par la
ville que par les esglises, la charité fust établie en cette ville, fondée sur les
aumosnes que plusieurs de messieursles officiers, bourgeois, marchands et habi-
tans de ceste ville offrent volontairement pour un an, pour l'entretien de la dicte
charité, et de ce qui en est provenu, on a dit que les pauvres de la dicte ville ont
receu, tous les dimanches de chascune sesmaine, la distribution de pain et argent
qui leur avoit esté ordonnée à chascun selon sa nécessité, comme aussy que l'on
a baillé et distribué la charité aux pauvres passans, il convient de continuer les
mesmes secours. »

   Cette proposition fut approuvée à l'unanimité, et l'assemblée
pria les êchevins de l'exécuter sans retard.
   L'année suivante, la misère n'avait pas diminué, et les aumônes
commençaient à tarir. Le conseil de ville établit, en 1626, puis en
1629, à l'occasion de la peste qui envahit la ville, des taxés spé-
ciales pour le service de la Charité.
   En 1643, la peste reparaît a Villefranche au mois de juin, suivie
de près par la famine. La ville à bout de ressources, déjà obérée,
décide qu'il sera fait un emprunt de trois mille livres ajoutées aux
deux mille quatre cents déjà empruntées pour les mêmes besoins.
Cette somme est bientôt absorbée, et les habitants se hasardent à
demander un dégrèvement d'impôts.

   « Le 14 juillet 1(543, le Conseil de ville arrête que Mgr le gouverneur
[de Lyon] sera très humblement supplié par le sieur Barillon et le sieur Claude
Thurin, eschevins, et, en recommandant la dicte ville à sa bienveillance, prié de
considérer les grandes charges et misères dont elle est à présent accablée, que
plus de la moitié de ses habitans meurent de faim, tandis qu'on a augmenté les
charges par de nouvelles impositions sur le vin. »