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164 LA R E V U E LYONNAISE en quelques lignes pleines de judicieuses réflexions le rôle de la gravure et des graveurs dans notre société contemporaine. On ne peut dire que la gravure soit un art frappé de défaveur ; . car les œuvres de nos artistes sont recherchées à l'étranger, et prennent dans les collections des amateurs une importance toujours croissante. Mais si la gravure est toujours appréciée des vrais amateurs, la photographie, avec les procédés variés qui s'y ratta - chent et que des essais continuels améliorent sans cesse, a détrôné la gravure auprès du grand public et lui a enlevé son rôle de vul- garisatrice des œuvres d'art. Ce n'est donc pas l'importance des œuvres, c'est le nombre des travaux qui diminue, et plus d'un jeune artiste hésite aujourd'hui à se vouer à une carrière dans laquelle la juste rémunération du talent n'est plus aussi facile à obtenir et semble devenir le privilège des plus grands. La Commission est cependant heureuse de présenter cette année aux suffrages de l'Académie les œuvres d'un jeune graveur très sérieux, M. Jean- Marie Alix, et propose que la médaille Dupasquier, de la valeur de cinq cents francs, lui soit décernée. Ces conclusions sont adoptées par l'Académie. Après les fondations dues aux libéralités de donateurs, l'Aca- démie avait à s'occuper des prix qui émanent de sa propre initiative. En 1878, elle avait proposé un prix de la valeur de mille francs à la meilleure étude historique sur les institutions municipales de Lyon depuis les temps anciens jusqu'en 1789. Le but de l'Académie était de combler ainsi une lacune importante de notre histoire locale. Les institutions religieuses et judiciaires de notre ville ont été, en effet, l'objet de longs et savants mémoires; mais aucun grand travail d'ensemble n'a été fait sur les institutions municipales de Lyon. Les difficultés du sujet semblent même avoir découragé les érudits lyonnais; car le terme du concours, prolongé succes- sivement de 1879 à 1880 et de 1880 à 1881, est arrivé à l'échéance en n'offrant qu'un seul mémoire au jugement de la Commission. Ce travail, malgré son incontestable mérite, est encore trop incom- plet pour que l'Académie puisse, en lui décernant le prix, paraître l'adopter ou le couvrir de son patronage. Tel est l'exposé de la situation que retrace le début du savant rapporteur désigné par la commission, M. Caillemer. Il n'y aura